Mathilde Alorent, passionnée par son métier de sage-femme

portrait Mathilde sage-femme

C’est au détour d’un stage que Mathilde Alorent découvre le métier de sage-femme. Fascinée, elle décide d’en faire sa vocation.

Pourquoi es-tu devenue sage-femme ?

L’envie de devenir sage-femme m’est venue assez tôt. Quand j’étais au collège, j’avais cette idée de devenir médecin ou pédiatre. Ma famille connaissait une sage-femme et j’ai décidé de faire mon stage d’observation de 3ème auprès d’elle. Je me souviens qu’à l’hôpital, tous les métiers étaient représentés mais c’est celui de sage-femme qui m’a le plus marqué. C’est notamment la richesse de cette profession qui m’a impressionnée. En effet, elle a trait à la périnatalogie, à la néonatalogie, à la gynécologie ou encore à la pédiatrie.

Pour devenir sage-femme, j’étais obligée de passer par une première année de médecine et cela ne m’a pas fait changer d’avis. C’est vrai que la plupart des étudiants ne connaissent pas toute l’ampleur et les possibilités d’avenir de ce métier.

Quelles ont été tes impressions lors de tes premiers stages ?

C’est assez impressionnant et très intense. Tu as vingt ans et tu te retrouves à l’hôpital à faire des gardes de jour et des gardes de nuit de 12h. Tu es directement mise dans une ambiance de travail studieuse et rigoureuse. Régulièrement tu as des décharges d’adrénaline parce que tu es quand même responsable de deux vies.

Pendant tes premiers stages, c’est compliqué parce que tu te sens illégitime. C’est difficile d’imaginer que tu va aider une femme qui est en train d’accoucher alors que toi tu n’as pas d’enfants et que tu ne connais pas cette douleur. Mais plus tu avances dans les stages, plus tu acquiers de l’expérience et plus tu te sens capable d’accompagner les femmes et les couples. Finalement au début, tu débarques avec ton petit sac à dos et puis tu te rends vite compte de ta lourde responsabilité. Les sages-femmes ont une charge mentale importante car elles vont superviser la salle de naissance. D’ailleurs c’est un métier de passion, soit tu t’adaptes et tu adores. Soit tu y vas à reculons et tu ne tiens pas la distance.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi être sage-femme ?

Tout d’abord, ce qui est important de savoir c’est que le terme de sage-femme ne vient pas de la féminisation de la profession mais de sa fonction. Les sages-femmes sont des soignantes qui détiennent un savoir sur les femmes et qui en prennent soin.

Ensuite, c’est vrai qu’on entend souvent que c’est le plus beau métier du monde mais ce n’est pas vraiment ce que je dirais. Oui c’est un métier de passion mais surtout d’une grande richesse. Tu as des interactions sociales d’une diversité incroyable. Notamment parce que les personnes se livrent à toi et partagent un bout de leur intimité. Et puis, tu as aussi ce côté technique qui est très instructif. Un accouchement, par exemple, c’est à la fois magnifique et rude. C’est physique, intense et il y a parfois des complications.

Et puis, ce n’est pas la sage-femme qui donne la vie. Elle accompagne, elle supervise, elle réagit face à l’urgence mais c’est bien la mère, les parents qui donnent la vie. Ce sont eux qui créent de la beauté.

Qu’est ce que cela t’apporte au quotidien ?

Au quotidien, je me rends compte que les gens s’ouvrent plus facilement à moi. Au moment où tu dis que tu es sage-femme, les femmes te racontent leur accouchement, leur parcours. Les langues se délient et j’adore ça. Sinon ce métier m’a fait évoluer. Il y a quelques années, j’avais des avis assez tranchés et je restais souvent sur mes positions. Beaucoup moins maintenant. Plus tu rencontres des personnes différentes, plus tu t’ouvres et plus tu apprends à être humble. Ce métier me rend fière mais il me rend surtout tolérante et ouverte d’esprit.

Est-ce que tu as l’impression d’être encore en train d’apprendre ?

Oui, tous les jours. D’un point de vue théorique, j’espère avoir toutes les connaissances mais chaque situation est différente. Je dois m’adapter sans cesse. Et puis, j’apprends énormément des personnes que je rencontre. Quand je les accompagne, je reçois leurs émotions et leurs expériences et cela vient enrichir mon savoir.

J’ai aussi envie d’aller plus loin dans la prise en charge des patientes. C’est pour cette raison que cette année, je passe un diplôme d’échographie. Cela me permettra d’accompagner les personnes de manière plus globale.

Est-ce que tu as le sentiment de t’être trompée ?

Non. A 100% non ! Et je pense que si, dans dix ans, je suis exténuée, je ne regretterais pas mon choix. Il y a des matins où je suis crevée mais je suis super contente d’aller travailler. Notamment parce qu’il n’y a pas de routine dans ce métier. Tu ne sais jamais de quoi ta journée sera faite. Durant certaines gardes, tu as le temps de discuter avec tes collègues et durant d’autres, tu n’as même pas le temps de boire. Tu ne peux pas t’ennuyer. Cette absence de routine colle parfaitement à mon caractère. J’ai besoin d’être stimulée.

Mon seul regret, c’est les vêtements. J’adore la mode et malheureusement je suis toujours en blouse. Cela me manque de m’habiller. Si vraiment je devais me reconvertir, ça serait dans ce domaine.

Est ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ? 

C’est dur comme question ! J’ai beaucoup d’admiration pour mes deux grands-mères. Elles ont été très malades et atteintes dans leur corps et leur esprit de femme. Pourtant elles sont toujours restées belles et fortes.

Ensuite, je dirais que mes sources d’inspiration, ce sont les personnes qui croisent mon chemin au travail. Celles qui vivent des moments difficiles mais qui gardent la tête haute et le sourire. Je ne retiens pas forcément leur prénom mais leurs histoires me chamboulent. Finalement, c’est plus les parcours de vie que j’admire.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets persos ?

Professionnellement, je vais avoir une année assez chargée avec les cours théoriques et pratiques pour le diplôme d’échographie. Et sur le plan personnel, avec mon copain, nous avons le projet d’acheter notre premier appartement.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Je pense que je me poserais cette question “Est-ce que tu es toujours passionnée? “. Et si la réponse est non, je me dirais “change et profite !“.

1 commentaire
  1. C’est très bien fait et ça en apprends beaucoup surtout pour des personnes qui ne sont pas expertes en la matière.

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