Fanny Archambault, une diététicienne amoureuse de la cuisine

fanny diététicienne

Un BTS diététique et une licence professionnelle en poche, Fanny Archambault multiplie les emplois et les expériences. Elle reçoit à son cabinet, elle donne des cours de techniques culinaires et travaille dans une association de soin à domicile…Bref, elle vit à cent à l’heure et n’a pas peur des challenges. D’ailleurs, en 2019, elle décide de passer un CAP pâtisserie en candidate libre.

Pourquoi as-tu voulu devenir diététicienne ?

Ce n’était pas ma vocation de départ car je voulais d’abord être médecin. Malheureusement, j’ai raté la première année de médecine et ça été le début d’une grosse remise en question. Comme j’avais cette ambition depuis mon enfance, je n’avais pas du tout prévu de plan B. Je suis donc passée par une phase de déni pour ensuite tester les études de droit, qui n’étaient pas vraiment faites pour moi. Finalement, c’est une conseillère d’orientation qui m’a mise sur la bonne voie. En effet, je lui ai expliqué mon souhait de travailler dans le milieu de la santé sans devoir passer de concours. Notamment parce qu’à cause d’un manque de confiance en moi et d’un stress aigu, je perds totalement mes moyens. Elle m’a alors parlé d’un métier du paramédical où le contact humain est primordial : celui de diététicien.ne.

Ce fut alors une véritable révélation. Je me suis souvenue de mon amour pour la cuisine. Toute petite, ma mère m’inscrivait à des ateliers cuisine avec des chefs étoilés et j’adorais ça. J’aime tester des recettes mais aussi les partager. J’ai donc commencé ma formation par un BTS diététique dans une école privée. Puis j’ai continué sur une licence professionnelle afin de pouvoir exercer à l’étranger en cas de besoin. De plus, l’avantage avec cette licence, c’est qu’elle contient un volet éducation thérapeutique du patient. Ce qui m’a appris à former les patient.e.s à devenir acteur·rice·s de leur alimentation.

En fait, la diététique c’est une profession idéale car elle me permet de conjuguer la santé et l’humain à une passion, la cuisine.

Qu’est-ce qui t’a poussée à passer un cap pâtisserie ?

Il n’y a pas vraiment eu d’élément déclencheur mais plus un ensemble de choses. En étant professeure de cuisine dans mon ancienne école, j’étais parfois confrontée aux difficultés des élèves en pâtisserie. C’était assez frustrant de ne pas pouvoir les aider autant que je le voulais parce que je manquais de connaissances. Et puis, mon conjoint a une ancienne collègue de classe qui a obtenu son CAP en 2017. Il m’a conseillé de lui écrire afin d’avoir plus d’informations à ce sujet. Quand elle m’a dit que c’était la dernière année où il était possible d’obtenir un CAP pâtisserie sans devoir faire quatorze semaines de stage obligatoire, ça a fait tilt dans ma tête. Je me suis dit que j’adorais la pâtisserie, que ça me permettrait d’aider mes élèves et surtout que c’était maintenant ou jamais. Je me suis alors lancée dans ce nouveau challenge.

Cette expérience était à la fois géniale et intense. Passer ce diplôme en candidate libre, tout en travaillant, c’était complexe. Le jour J, l’épreuve dure sept heures donc tu as intérêt de t’entraîner pour tenir le rythme. Au début, tu fais quelques petits gâteaux le week-end, puis tu essaies de t’organiser afin de réussir à faire quatre gâteaux en sept heures. Très vite, tu te rends compte que la semaine passe très vite et qu’il ne te reste plus qu’une journée pour te reposer. Heureusement, j’ai suivi une personne sur Facebook qui indiquait chaque semaine, les préparations que tu devais faire pour être au niveau. Cela m’a bien aidé et encouragé.

Ce diplôme te sert-il dans ton métier de DIÉTÉTICIENNE ?

J’ai obtenu mon CAP au mois d’octobre donc non pas encore pour le moment. Néanmoins, j’aimerais vraiment combiner ces connaissances à mes compétences de diététicienne. Je souhaiterais élaborer des recettes alliant plaisir et équilibre. Par exemple, faire un Paris-Brest, moins gras et moins sucré mais avec la même saveur. Ou alors faire des versions végétales des grands classiques de la pâtisserie.

Selon toi, que signifie bien manger et avoir une relation saine avec l’alimentation? 

Alors bien manger, ça je peux te le dire facilement. Par contre définir ce qu’est une relation saine avec l’alimentation et son corps, c’est trop complexe. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, la mode ou le regard de la société, être bienveillant.e envers son corps, c’est devenu très compliqué. Je le vois d’ailleurs en consultation à l’approche des fêtes de fin d’année. Les patient.e.s sont angoissé.e.s et déprimé.e.s à l’idée de recevoir des réflexions de leur entourage sur leur poids. On ne se rend pas compte à quel point une seule réflexion peut avoir un impact considérable sur l’estime de soi. Je pense que le plus difficile c’est de trouver un équilibre entre une vision positive de son corps et une alimentation saine. C’est important de bien manger sans pour autant tomber dans le contrôle permanent, dans l’orthorexie.

En résumé, selon moi, bien manger c’est manger de tout en apprenant à écouter son corps. C’est savoir distinguer les réels besoins du corps, des envies ou de la volonté de plaire aux autres. De plus, bien manger c’est manger en pleine conscience et savourer chaque bouchée. Finalement, on ressent un plaisir intense lorsque l’on croque le premier carré de chocolat, pas lorsqu’on avale la plaquette entière. L’idée c’est d’être ni dans l’excès ni dans la restriction. Je pense qu’il faut également arrêter de vouloir être dans la perfection à tout prix.

Est-ce que tu as le sentiment de t’être trompée de voie ?

Non, je ne regrette pas mon orientation. Surtout que j’ai eu la chance de pouvoir accepter que des boulots en accord avec mes principes. Cependant, ce qui est certain, c’est qu’au fil de mes expériences, je découvre ce que j’aime et ce que j’aime moins. Par exemple, j’ai déjà fait des remplacements en clinique et je sais que ce n’est pas fait pour moi. Particulièrement parce que tu n’as pas de suivi longue durée, les patient.e.s entrent et repartent assez vite. De plus, je préfère les structures où il est possible de mettre des choses en place.

Néanmoins, j’ai quand même une déception vis à vis de l’ouverture de mon cabinet. Depuis le confinement, j’ai beaucoup moins de patient.e.s. Et le problème principal avec le libéral, c’est le manque de reconnaissance de la profession. En effet, la sécurité sociale rembourse les rendez-vous auprès des médecins nutritionnistes mais pas ceux auprès des diététicien.e.s. Alors que ces médecins ont uniquement suivi une formation de six mois beaucoup moins complète que la nôtre. Malheureusement, la plupart du temps, ce sont des médecins qui sont dans la restriction et les régimes, ce qui provoque beaucoup de dégâts. Donc, c’est vrai que sur ce point je suis assez déçue et je ne suis pas sûre de continuer dans le milieu libéral.

Est ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ?

Oui, je dirais tout mon entourage proche. Mon père parce qu’il est chef d’entreprise. Ma mère parce qu’elle travaille et qu’elle fait dix mille choses en même temps. D’ailleurs, je tiens d’elle ma façon de vivre et de travailler. Il y a également ma cousine qui s’est énormément intéressée au sport et à la nutrition. Mon conjoint, bien sûr, qui est fasciné par ce que je fais et qui m’encourage énormément. Sans oublier mes élèves qui me poussent à donner le meilleur de moi-même et mes patient.e.s qui me poussent à me remettre régulièrement en question.

Ensuite j’aime beaucoup Marion Nicault qui a créé et qui anime le podcast Food Thérapie. Et sinon sur Instagram je suis Céline Marks, une blogueuse écolo. Même si j’avoue ne pas être fan de ses posts sur son rééquilibrage alimentaire avec Weight Watchers. Mais bon c’est intéressant aussi d’être confrontée à d’autres avis.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets persos ?

Actuellement je suis en train de passer, à distance, un DIU (diplôme inter-universitaire) nutrition de la personne âgée. L’idée étant d’avoir plus de connaissances sur le sujet et de faciliter mon travail dans l’association de soin à domicile. Sinon j’ai toujours plein de projets, comme ouvrir un food truck ou développer un site internet ou un podcast sur la nutrition. Mais bon, pour l’instant ça reste des idées car je fais déjà beaucoup de choses. Comme j’aime le travail bien fait, je préfère pérenniser ce que j’entreprends déjà avant de passer à la suite.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Je dirais sans hésiter “Aie confiance en toi et écoute toi ” !

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