Amandine Robitaille, une naturopathe dévouée aux femmes

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Pendant sept ans, Amandine était chef de produit acheteuse dans le textile. Divers plans sociaux rencontrés, une industrie qui s’essouffle et une contradiction grandissante avec son mode de vie, elle décide de changer de voie. Aujourd’hui naturopathe, elle exerce dans le domaine de la périnatalité, une spécialité de cœur. Proche des femmes, elle les accompagne sur le chemin de la maternité.

Quel a été le déclic ?

Un voyage à la Réunion avec mon conjoint. A cette époque j’étais chef de produit, avec un certain ras-le-bol de mon environnement professionnel. C’était pourtant mon rêve en sortant des études, mais je ne m’y retrouvais plus. Sur l’île, redécouverte totale d’un autre mode de fonctionnement. On faisait de la randonnée dans le cirque de Mafate et tout, autour de nous, paraissait simple et la nature si belle. Une atmosphère tellement apaisante que je me posais des questions sur la mienne au quotidien, stressante et anxiogène en comparaison.

Nous avons fait beaucoup de découvertes, notamment au Domaine du Café Grillé avec la rencontre d’un guide fantastique. Il nous expliquait les propriétés des plantes, des arbres, leurs utilisations et je trouvais génial d’apprendre tous ces bienfaits dont la nature regorge. Dans les gîtes nous rencontrions des personnes en connexion avec la nature, vivant à leurs rythmes. Un jour, un aromathérapeute me parlait des huiles essentielles, des huiles pour le corps et le lendemain c’était quelqu’un d’autre qui partageait ses connaissances. Lorsque je suis retournée au bureau, une heure après je me suis mise à pleurer. Je ne me sentais tellement pas à ma place, ce voyage, cette île m’avait vraiment fait basculer. Cela faisait déjà un moment que j’étais comme dans un bore-out et là, le déclic tout simplement. Je me suis mise à réfléchir et en un mois de temps la naturopathie s’est imposée.

Qu’est ce qui te plaît dans le domaine de la naturopathie ?

Je ne connaissais pas la naturopathie avant ma reconversion. Mais avec tout ce que j’avais ressenti à la Réunion, je souhaitais être dans le bien-être, pouvoir aider les gens. Explorer l’aromathérapie, la sophrologie ou d’autres méthodes ne me suffisait pas. Mais une amie de mon conjoint faisait justement sa reconversion de naturopathe. On a discuté et tout de suite j’ai apprécié cette vision globale, holistique de la personne. Le fait d’allier différentes techniques naturelles pour comprendre et guérir, je trouvais cela très intéressant. Les problèmes des un.e.s ne sont pas ceux des autres et il en va de même des solutions.

Est-ce que tu as le sentiment de t’être trompée ? 

Non, absolument pas ! Je ne savais pas tout ce qui m’attendait, mais ce n’était pas plus mal. Car reprendre ses études, c’est très intense. Avoir des examens tous les mois forcément je n’étais plus habituée. C’était une direction plus scientifique, pas celle de ma filière de base, avec des notions d’anatomie, d’alimentation, également l’apprentissage de transformations chimiques. Un nouveau monde s’ouvrait à moi, complètement différent, pas facile mais avec de la motivation et bien, on fonce !

Pourquoi la spécialité de la périnatalité ?

Ce choix est lié à mon histoire personnelle. En revenant de la Réunion, il y avait aussi le projet d’avoir un enfant avec mon conjoint. J’ai arrêté la pilule et là, petits rappels de mon corps de pourquoi je l’avais prise à l’époque: le syndrome des ovaires polykystiques. Ce qui complique beaucoup les choses lorsque l’on souhaite tomber enceinte. Avec mon changement professionnel, on a relativisé, on s’est dit que le moment n’est pas si mal pour “travailler ” sur mon corps, diminuer les symptômes etc.

Après, dès le début des études de naturopathie, je savais que je voulais me spécialiser autour des femmes. Leur physiologie me passionnait: comprendre son fonctionnement, son cycle, ses réactions, ses changements et notamment sa fertilité.

Des sujets qui me touchaient aussi personnellement. D’ailleurs, le diplôme passé j’aurais pu m’installer. Mais je venais de vivre deux fausses couches. J’avais besoin de faire mon deuil, de prendre du temps pour moi. Et notamment un temps pour approfondir mes connaissances autour de la périnatalité. Ainsi, je me suis formée sur des massages dédiés aux femmes enceintes, réflexologie périnatale, réflexologie bébé ainsi que la symptothermie. C’est véritablement une dynamique personnelle qui m’anime dans cet univers. Je vois la grossesse comme quelque chose de sacré, en respectant les choix de chacun.e bien sûr, sans jugement. Avec les femmes et les couples qui souhaitent avoir des enfants, j’ai vraiment envie de pouvoir les accompagner avec les outils dont je dispose. Ce n’est pas une révolution, mais un accompagnement autre que j’avais envie d’apporter.

Qu’est ce que cela t’apporte au quotidien ?

Que les clientes soient contentes, tout simplement. Que tu réalises un massage et qu’elles te remercient. Lorsque tu sens que quelque chose s’est libéré, que la personne a pu se reconnecter à elle-même, à son corps et également à son bébé. Ce qui m’anime c’est le bien-être de la personne.  Il y a également des petites victoires, lorsque les clientes reviennent et me disent qu’elles sont tombées enceintes, tu as le sourire, tu te réjouis pour elles. Mon but c’est aussi qu’elles vivent une grossesse sereine, de m’assurer qu’elles consomment les bons nutriments par exemple.

Au contact des gens, on est sans cesse en train d’apprendre. De nature très curieuse, j’ai toujours plein de livres qui m’attendent pour continuer de me former, chercher, comprendre. Après je n’ai pas toujours le temps de tout lire mais voilà, apprendre me stimule. J’ai des formations en tête avec Anne Marmagne par exemple, sur les mémoires émotionnelles du bébé, avec l’histoire intra-utérine. Cela m’attire fortement, mais je vais attendre encore un peu. Je ne peux pas tout faire d’un coup, et tout de suite.

Quel était le regard des autres par rapport à ta reconversion ?

Mon conjoint était à 300% avec moi, vivant au quotidien à mes côtés, il voyait bien que je n’étais plus épanouie. Par contre, lorsque j’ai annoncé à mes parents que je quittais mon job, ils n’ont pas tout de suite accepté. Leur questionnement: “mais pour faire quoi ? ” Le métier de naturopathe, ils ne connaissaient pas du tout. Après cinq ans d’études en école de commerce puis ma carrière bien démarrée, ils étaient déroutés. Par la suite, en discutant, en m’observant, ils ont compris ma démarche et me soutiennent aujourd’hui à 100%.  Mon frère était étonné mais je n’avais pas les mêmes responsabilités et obligations que lui. Pas encore trente ans, pas de vie de famille, je sentais que je devais tenter l’aventure pour ne pas regretter. Aujourd’hui, j’adore ce que je fais. Une fois passé l’étonnement et la période d’adaptation, les gens qui t’apprécient te soutiennent en général.

Quel a été le plus difficile dans ce changement ?

En y repensant, pas mal de choses étaient plutôt difficiles ! Se retrouver étudiante avec les cours, les examens; bien que j’ai rencontré des gens supers et suivi des cours très intéressants, c’était intense. Mais je pense que le plus dur a été de passer du salariat à l’entrepreneuriat. Avant j’étais dans une équipe, avec du management alors qu’aujourd’hui je suis seule, seule pour avancer. Cette transition de vie, je ne l’avais ni anticipé, ni préparé. En école de commerce, je me projetais dans une société, pas en tant qu’entrepreneuse. Aujourd’hui j’ai encore dû mal à dire: je suis cheffe d’entreprise. Alors qu’en plus d’être naturopathe, je le suis. Incarner cette indépendance, pour l’instant, ce n’est pas complètement acquis.

Est-ce que tu as des modèles, des sources d’inspiration ?

Oui plusieurs, par exemple la réflexologue dont j’ai parlé plus tôt: Anne Marmagne. J’aime beaucoup son état d’esprit et son approche me parle énormément. Je me souviens qu’en cours, je buvais littéralement ses paroles ! Ensuite, il y a Margot-Hélène Piquenot qui est naturopathe, spécialisée justement dans l’accompagnement des femmes. Elle est rapidement devenue ma naturopathe lors de ma reconversion et m’a fait découvrir la symptothermie. Elle possède une telle connaissance de la physiologie de la femme que cela m’inspire et me donne confiance dans la voie que j’ai choisie. Ses encouragements ont clairement eu un impact dans ma mise en action. Et enfin, il y a Danielle Boussard, véritable puits de sciences qui met la barre haute, cela me challenge.

La suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pros, persos ?

La suite, venir à bout de mes soucis de santé pour un jour avoir une grossesse aboutie. Côté professionnel, développer mon activité mais également continuer le travail collaboratif avec “Devenir mère”, une structure que j’ai intégrée au mois d’octobre sur Marcq-en-Baroeul. Nathalie Baudouin, psychologue-maternologue a mis en place ce projet de lieu dédié à la maternité, regroupant différents praticiens pour répondre aux différents besoins des mères et futures mères. Le but est vraiment de faire un accompagnement ensemble, de proposer un suivi partagé de plusieurs approches aux clientes: maternologie, ostéopathie, naturopathie, yogathéraphie, massages, photo-thérapie, travail énergétique, sophrologie…

Donc objectif 2021: mettre en place différents parcours au sein du cabinet et parfaire le mode d’organisation. Nous y sommes arrivés au fur et à mesure et aujourd’hui nous organisons des réunions d’équipe pour nous découvrir et démarrer notre collaboration. Nous avons des approches complémentaires et une vision commune. Il y a déjà une belle synergie dans un lieu vraiment accueillant. 

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou les prochaines générations ?

Très simple, j’écrirais “faites-vous confiance”, et “fiez-vous à vos intuitions”.

  1. Waouhhhh ! Très beau témoignage authentique avec les failles et les succès d’une vie ! Je ressens beaucoup de générosité et un énorme cœur pour accompagner les femmes. Merci

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