Alizée Brimont,freelance en communication digitale

Alizée freelance communication digitale

Après trois ans passés dans une agence de Relations Presse, Alizée n’a qu’une chose en tête, prendre du temps pour soi et vivre à un autre rythme. Elle décide alors de quitter son travail pour se lancer dans la communication digitale en freelance.

Quel a été ton point de départ ? Ton déclic ?

Le déclic ça a été tout simplement une rupture amoureuse. Pendant cette période, je me suis beaucoup recentrée sur moi-même, j’ai pris du temps pour moi. J’ai réfléchi à qui j’étais vraiment et à ce dont j’avais besoin dans la vie. J’ai rédigé une liste de choses que j’aimerais faire et dans cette liste, j’y avais très clairement écrit : quitter l’agence, me former en community management et créer mon statut de freelance. En effet, même si cela ne faisait que trois ans que j’étais à l’agence, c’était un travail très intense et très enrichissant. J’avais vu et appris beaucoup de choses. Et même si j’étais reconnaissante de cette expérience, je sentais que j’avais besoin d’être chez moi, de pouvoir organiser mon temps comme je le voulais et d’avoir la possibilité de garder du temps pour faire des choses que j’aime.

Pourquoi avoir choisi le freelance ?

Tout simplement parce que le statut de freelance semblait correspondre à mes envies. Notamment celle de rester attentive à mes besoins. En plus, j’avais des amis qui s’étaient déjà lancés dans cette aventure. J’ai pu voir le côté stressant de ce statut mais aussi cette liberté et cette possibilité d’organiser le rythme de sa journée de travail.

Honnêtement, lorsque je travaillais à l’agence, les horaires de bureau me sortaient par les yeux. J’avais parfois l’impression de perdre des points de vie assise à mon bureau de 9h à 19h. Surtout qu’en plus dans ce type de poste, soit tu as un travail de dingue, soit c’est le calme plat mais tu dois quand même respecter des horaires. Ce qui me pesait le plus c’était d’être vissée à ma chaise alors que j’aurais pu faire tellement de choses. A l’inverse quand tu es freelance, si tu veux prendre une pause pour faire du yoga ou te balader, tu le fais. Tu disposes de ton temps comme tu l’entends.

Comment s’est passé la création de ton statut de freelance ?

Je n’ai pas créé mon statut de freelance directement après avoir quitté mon travail. J’ai pris le temps de faire les choses bien et je suis d’abord passée par des étapes de formation. J’ai commencé à démarcher des clients début février, puis le confinement est vite arrivé. Pendant cette période particulière, j’ai créé mon site web, ce qui était super enrichissant et ce qui m’a permis d’avoir une belle vitrine. Très vite, j’ai eu pas mal de contacts intéressés par mon profil de rédaction-web avec cette spécialisation dans les entreprises éthiques et éco-responsables. J’ai créé mon statut en avril et depuis le mois d’octobre, je commence à avoir vraiment de bonnes journées de travail. Vu la situation je m’en sors plutôt bien. En six mois, j’ai créé mon statut et trouvé mes premiers clients.

Et aujourd’hui comment tu te sens ?

Je suis dix fois moins stressée qu’avant. Ce qui est très paradoxal puisqu’avant je gagnais bien ma vie et que j’avais la sécurité du CDI alors qu’aujourd’hui je touche encore du chômage. Je pense que mon poste à l’agence, c’était une super première expérience professionnelle, mais également parfois une grande source d’angoisse. En effet, je suis trop sensible à la pression qui peut exister dans le milieu des relations presse. Je me mettais dans des états pas possibles et j’étais souvent frustrée de ne pas avoir le temps de faire les choses aussi bien que je le souhaitais.

De plus, quand tu es employé.e, si tu fais des erreurs dans ton travail, cela a une répercussion directe sur l’entreprise. Alors que maintenant savoir que c’est moi qui prend les décisions et qui en assume les responsabilités, cela me rassure énormément. Et puis, j’apprécie le fait de pouvoir travailler de chez moi. J’ai l’impression d’être plus apaisée, plus productive qu’en open space. Je peux optimiser mes journées et ne plus travailler tard le soir, ce que je déteste faire.

Quel était le regard des autres par rapport à ton projet ?

Dans mon entourage proche, tout le monde a été plutôt bienveillant. Je n’ai jamais eu de remarque du style “pourquoi tu quittes un CDI, pour un truc hyper bancal “. Au début, peut-être que certains de mes amis l’ont pensé. Mais comme ils savaient que mon boulot me prenait beaucoup d’énergie mentale, ils ont compris ma décision. Mon copain a immédiatement été dans le soutien et dans l’encouragement.

Pour ma famille, j’étais vraiment angoissée à l’idée de l’annoncer. Alors qu’en fait, ils ont été très compréhensifs. Mon père a été très enthousiaste même s’il ne comprenait pas vraiment le concept de communication digitale et qu’il a encore du mal à le comprendre. Comme c’était un projet bien muri dans ma tête, j’ai pu leur expliquer ma décision dans le détail et cela les a rassuré. Au final, je pense que j’ai eu peur du regard des autres alors que je n’ai pas du tout eu le sentiment d’être jugée.

Est-ce que tu as le sentiment de t’être trompée ?

Non pas du tout. J’ai eu des moments d’inquiétudes, notamment parce que je ne peux pas encore vivre de mon activité. Mais pas de doute sur ma décision. Finalement, j’ai tout de même appris un nouveau métier, développé de nouvelles compétences. Je suis également contente d’avoir choisi la communication digitale, que je trouve plus créative que les RP, je m’y amuse plus. Et même si je me dis que je ne ferais pas de la communication toute ma vie, je sais que je pourrai être auto-entrepreneuse pendant longtemps. J’aime beaucoup l’excitation de l’entrepreneuriat. Je pense que je ne pourrais pas retourner dans le salariat ou en tout cas dans une hiérarchie très pyramidale.

Que retires-tu de cette expérience ?

Quand tu travailles à ton compte, tu découvres des aspects insoupçonnés de ta personnalité. Je me suis rendue compte, par exemple, que je n’étais pas du tout YOLO mais plutôt une personne carrée et rigoureuse. C’est très important pour moi d’être hyper organisée. Parce que l’optimisation de ta journée te permet de garder un maximum de temps pour toi et d’en profiter. J’ai également découvert que j’avais bien plus confiance en moi que ce que je ne pensais. J’avais peur des réunions avec des clients potentiels, de faire des présentations alors qu’en fait je le fais assez naturellement. Ça m’a rendu particulièrement fière d’ailleurs. Enfin, cette décision m’a permis de confirmer que mes sources d’épanouissement se trouvent dans mes passions et pas du tout dans le travail ou dans le fait d’avoir une carrière.

As-tu des modèles ou des sources d’inspiration ?

J’en ai mille ! Non plus sérieusement, si on parle de personnalité publique, je dirais Lena Dunham. Je pense que cette femme a été créée pour faire du bien à l’humanité. Dans la série Girls, c’est la première fois qu’on voyait une femme en dehors des standards de beauté, toujours à poil et tellement à l’aise. Je trouve qu’elle a apporté beaucoup au féminisme et à la représentation des femmes dans la société. J’aime également beaucoup Pénélope Bagieu, pour son engagement et la féminité qu’elle incarne. J’adore sa passion pour les imprimés léopard et son côté geek : elle joue à Donjons et Dragons. En fait, j’admire ces personnes qui s’assument avec toutes leurs contradictions.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pros ? Des projets persos ?

Du côté du pro, je vais continuer sur ma lancée afin de pouvoir gagner correctement ma vie. Et du côté du perso, le gros projet c’est vraiment de quitter Paris. J’y ai vécu toute ma vingtaine et ça m’a apporté plein de belles expériences mais il est temps de passer à autre chose. Avec mon copain, nous voulons trouver un endroit où nous nous sentons bien et où nous voulons nous installer. J’aimerais bien aussi faire du wwoofing ou pourquoi pas acheter un van et faire du surf un peu partout.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Je pense que je me dirais : continue à chérir ce qui est important pour toi et garde en tête ce qui est essentiel. Aux filles des prochaines générations, j’aimerais leur dire d’arrêter d’être dans la recherche du corps parfait. D’être douces et bienveillantes avec elles-mêmes et de surtout faire ce qu’elles désirent. Et aux garçons, je leur conseillerais de lire King Kong Théorie de Virginie Despentes, qui je pense peut aider à la déconstruction de la masculinité toxique. En tout cas, c’est un bon début !

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