Maux de ventre,syndrome de l’intestin irritable ?

syndrome de l'intestin irritable

Repas trop copieux, examens à passer ou menstruations en approche, on connaît généralement la raison de nos maux de ventre. Oui mais, que faire lorsque ceux-ci s’installent et deviennent récurrents à nous en faire perdre la raison justement ?

Douleurs chroniques

Les douleurs abdominales comme les maux de tête surviennent plus ou moins souvent selon les modes de vies et les sensibilités. Une pause, du paracétamol et nous voilà d’aplomb dans la foulée. Mais parfois cela ne suffit plus quand l’on souffre depuis plusieurs semaines, mois, voire années. On parle ici des maux de ventre d’origine intestinale, inconfortables au quotidien et épuisant moralement. Douleurs abdominales, spasmes, diarrhées, constipation, ballonnements, gazs, les symptômes sont nombreux et variés selon les personnes. Un diagnostic potentiel: le syndrome de l’intestin irritable. Victoire, enfin des mots pour tous nos maux !

Oui mais voilà, sans être une maladie à proprement parler car aucune lésion apparente concernant le tube digestif, on la catégorise souvent comme étant psychosomatique. En gros, des facteurs psychiques tels que le stress et l’anxiété seraient à l’origine de nos douleurs physiques. Bien que le ventre étant notre deuxième cerveau et que notre état psychologique influence notre état intestinal, il n’en est pas la seule raison.

Le syndrome de l’intestin irritable

Les intestins sont une formidable machine qui se gère tout seule. En effet, nous ne pensons pas à l’action de digérer quand cela se produit, le système parasympathique et sympathique s’en charge. Le péristaltisme est l’action musculaire de ceux-ci qui entraîne le bol alimentaire vers la sortie. Il est plus ou moins rapide selon les personnes, plus ou moins sensible également, rendant le transit intestinal propre à chacun. On parlait ainsi de colopathie fonctionnelle, en lien direct avec motricité de vos intestins. Le SII est couplé à un état inflammatoire intestinal et à des facteurs psychologiques comme le stress qui font dérailler la machine.

Les raisons qui irritent

Il est vrai que le stress peut être le premier déclencheur et altérer la motricité en l’accélérant (diarrhées) ou au contraire en la ralentissant (constipation). De ce côté là, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, surtout quand les douleurs et la gêne sociale deviennent elles-même stressantes. Il faut alors réussir à dépasser cette gêne et par exemple se rendre aux toilettes aussi souvent que nécessaire hors de chez soi pour éviter le mal de ventre.

On y pense rarement et pourtant l’alimentation est clé. C’est tout de même la première chose en lien avec les intestins et donc la première cause ou solution de nos maux. Peut-être souffrez-vous d’intolérances alimentaires qui irritent et rendent la digestion difficile comme le gluten, le lait animal ou même les œufs (des tests sanguins permettent de les détecter). Depuis que nous consommons des produits industrialisés, l’intestin est devenu de plus en plus perméable. Favorisez donc une alimentation naturelle et riche en fruits et légumes qui aura plus de chance d’être bien assimilée par les intestins. 

La perméabilité de l’intestin est également liée à notre microbiote. Autrefois appelé flore intestinale, c’est l’ensemble de nos bonnes et mauvaises bactéries, virus, champignons que nous développons tout au long de notre vie. Il nous protège et régule notre digestion. D’ailleurs, il est si important que celui des intestins représente pas moins de deux kilos de micro-organismes. Malheureusement, si l’alimentation n’est pas variée, le microbiote ne se diversifie pas non plus et entraîne la surpopulation de certains micro-organismes qui déséquilibrent la digestion. Tout comme la prise d’antibiotiques répétitive qui diminue la variété de notre microbiote car ils détruisent tous les micro-organismes.

Les coups de pouce

Connaître les aliments qui nous font du bien est essentiel pour digérer sereinement. Faites des tests et procédez par étape pour ne pas vous décourager. Optez pour un thé le matin au lieu de votre lait chaud ou réduisez votre consommation de café pendant quelques semaines et voyez ce qu’il se passe. Les aliments irritants sont en général le gluten, les produits laitiers, le café, l’alcool, les produits transformés et/ou trop sucrés. Pour aller plus loin, vous pouvez suivre le régime FODMAP. Celui-ci exclut les glucides fermentescibles, responsables de nombreux symptômes du syndrome de l’intestin irritable. Le plus accessible reste tout de même de mâcher lentement et de manger en conscience pour préparer la digestion. Chose que peu d’entre nous faisons, entre le snack rapide en travaillant et/ou le repas exténué.e devant la télé.

En complément, vous pouvez prendre des probiotiques qui vont tâcher de restaurer votre flore intestinale en réintroduisant de bonnes bactéries, champignons etc … Pratiquer une activité sportive régulièrement favorise le transit intestinal, tout comme le yoga qui avec le travail respiratoire est un excellent palliatif.

Localement, les massages soulagent et stimulent le transit intestinal. Après un repas, placez vos mains sur le ventre et faites des rotations dans le sens des aiguilles d’une montre pendant quelques minutes. Dans ce sens, vous pouvez réaliser ponctuellement une cure thermale ciblée sur le système digestif qui vous fera du bien physiquement et psychologiquement. L’ostéopathie peut également redonner une certaine mobilité aux viscères. Le mal de ventre lié au syndrome de l’intestin irritable est multifactoriel, il faut donc capter son rythme et ses habitudes pour y déceler certains gestes pour lesquels notre corps n’est pas adapté.

Photo ©Sora Shimazaki

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