Sororité, bien plus qu’une solidarité féminine

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Sur le devant la scène depuis le mouvement #MeToo, la sororité prend de plus en plus d’ampleur. Véritable lien entre les femmes, ce principe se traduit non seulement par de l’entraide au quotidien mais aussi par des moments forts de partage.

Toutes des sœurs

L’expression sororité vient du latin ” soror ” qui se traduit littéralement par le mot sœur. Ainsi, elle est une version féminine de la fraternité et se caractérise par un principe de solidarité entre femmes. Cependant, aujourd’hui elle a un sens beaucoup plus fort. En effet, faire le choix de la sororité revient à donner la priorité à son entourage féminin via un soutien psychologique, physique et moral. Cela signifie s’unir et faire front commun face aux violences sexistes, aux inégalités hommes/femmes et plus largement au patriarcat. Et ce, en dépit d’une couleur de peau, d’une origine et d’une orientation sexuelle différente.

Qu’est-ce que cela implique au quotidien ? Tout simplement de l’entraide et de la bienveillance. Au lieu de se comparer aux autres femmes, on est fières d’elles et on les valorisent. Fini la rivalité malsaine ! On n’hésite pas à proposer son aide à celles qui en ont besoin. De plus, on soutient ses pairs face à l’adversité. Que ce soit en leur prêtant une oreille attentive ou en les accompagnant dans des démarches complexes.

De la communauté à la libération féminine

Contrairement aux idées reçues, la sororité n’est pas une nouveauté. Née au Moyen-Âge, sa signification a évolué avec le temps. Effectivement, au départ elle désignait les communautés religieuses exclusivement composées de femmes. En leur sein, les sœurs y instauraient leurs propres règles de vie et se transmettaient leurs savoirs. Elles vivaient en harmonie dans un environnement sécurisé et de partage. Au fil du temps, des communautés laïques ont adopté ce modèle. Principalement des veuves et des célibataires désirant échapper au (re)mariage. Ensemble, les béguines étaient indépendantes et n’avaient pas besoin des hommes. Sans grande surprise, les violences, les attaques et les procès en sorcellerie sont venu à bout de ces communautés féminines.

Le terme sororité refait surface au 19ème siècle dans les universités américaines. À l’époque les confréries d’étudiants étaient strictement réservés aux hommes. Pour faire face à cette exclusion et tisser des liens forts entre elles, les étudiantes ont fondé des ” sisterhood “. Mais ce sont vraiment les mouvements féministes des années 70 qui ont défini l’expression telle qu’on la connaît aujourd’hui. Ainsi, ils partaient du principe selon lequel la condition commune des femmes résultait d’une unique oppression : le patriarcat. Les féministes étaient convaincues qu’une lutte main dans la main et l’empowerment féminin feraient avancer l’égalité homme/femme.

Cette notion s’est démocratisée au fur et à mesure. Jusqu’à l’affaire Weinstein en 2017 et la libération de la parole des victimes. Non seulement avec le mouvement #MeToo, les femmes sont sorties de leur silence mais elles se sont aussi soutenues mutuellement.

Les temps forts de la sororité

Riche et créatrice dans la vie quotidienne, la sororité est encore plus puissante à l’occasion de moments privilégiés. Comme par exemple lors d’une manifestation où l’on fait entendre sa voix et où l’on amplifie celle des autres. Durant un bref instant, on partage la même expérience et les mêmes émotions. Le sentiment d’appartenance est alors décuplé.

Cette sensation se retrouve aussi lors de cercles de femmes. Au sein d’un espace sacré, les femmes s’expriment librement et écoutent leurs pairs. Dans ce cadre, il n’y a ni jugement, ni réponse. Simplement une réception bienveillante de la parole. Même si elles ne connaissent pas, les participantes créent un lien unique et durable.

Photo © Rfstudio

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