Léa Vroomhout, fondatrice de Maison Alma

léa vroomhout, fondatrice de maison alma

Alors qu’elle est passionnée de cuisine, Léa Vroomhout met de côté son rêve d’ouvrir un établissement et poursuit ses études de droit. Juriste de formation, elle n’est pas épanouie dans son métier et cherche sa voie. Elle décide alors de lancer Maison Alma, une cantine healthy.

Quel a été ton point de départ ? Ton déclic ?

Je dirais qu’il n’y a pas eu de déclic mais plutôt un chemin qui s’est mis progressivement en place. Quand j’étais plus jeune, j’avais envie d’ouvrir un salon de thé ou un café. Mes parents avaient un restaurant et j’avais déjà travaillé dans la restauration donc c’était quelque chose qui me parlait beaucoup. Néanmoins, ces derniers m’ont poussé vers des études plus longues. J’ai fait du droit et je suis devenue juriste.

J’ai exercé pendant trois ans mais je ne me sentais pas épanouie. J’avais envie d’autre chose. Ma passion pour la cuisine, l’alimentation saine et le service était toujours en moi. Sauf que je ne savais pas comment en faire mon métier ou en tout cas la combiner à une vie de famille. En discutant avec mon mari, celui-ci m’a dit que si je trouvais une formule qui me permettrait de travailler uniquement le midi en semaine, il serait partant pour l’aventure.

Et c’est vrai qu’en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas d’endroits où manger sainement et différemment autour des bureaux. Alors je me suis dit pourquoi ne pas lancer une cantine healthy ?

J’ai commencé à travailler sur le projet début 2020, puis tout a été mis en stand-by à cause du Covid-19. J’ai donc continué mon métier de juriste. Puis je suis tombée enceinte, j’ai pris mon congé maternité et j’ai profité de ce renouveau pour avancer sur le projet. J’ai finalisé le business plan début 2022 puis je me suis mise à la recherche d’un local afin d’y établir Maison Alma, ma cantine healthy. Et c’est là que la galère à commencé. Les semaines et les mois ont passé sans avoir de retour des agents immobiliers. J’étais frustrée de ne pas concrétiser le projet que j’avais en tête depuis plus de deux ans. Alors, sur un coup de tête, j’ai décidé de commencer sur un mode de livraison de repas, dans l’attente de trouver un local. C’est-à-dire que je cuisine de chez moi et je livre sur l’heure du midi à domicile ou au bureau.

Quel est le concept de Maison Alma ? Pourquoi ce nom ?

Une cantine healthy qui propose une cuisine saine et engagée aux saveurs du monde. Mes menus combinent les saveurs du monde ainsi que les produits locaux de saison. J’ai l’ambition de démocratiser l’alimentation saine en proposant des plats tout aussi savoureux que sains et équilibrés. Avec cette idée de nourrir à la fois le corps et l’esprit.

D’ailleurs j’ai choisi le prénom Alma car il fait référence à l’âme, au côté spirituel du projet. Et Maison car il fait écho au rassemblement, au cocon. À quelque chose de familier et de chaleureux en somme. 

Selon toi c’est quoi une cuisine healthy ?

Je pense qu’il y a autant d’interprétation de ce mot que de personne. Pour certains cela va être manger vegan, pour d’autres manger bio ou sans gluten… 

Pour ma part je vise surtout à faire les bons choix pour être en bonne santé, choisir des aliments qui vont favoriser le bien-être physique et mental. Je cuisine au maximum des produits bruts et de saison afin que les aliments conservent au maximum leurs nutriments. Je ne bannis aucune catégorie d’aliment, je suis contre les régimes. Je pense également qu’il est important de respecter une bonne balance de glucides, lipides et protéines à chaque repas.

Comment prépares-tu ton menu de la semaine ?

Je m’inspire de plein de choses : livres de cuisine, Pinterest, les comptes food sur Instagram. Je m’adapte aux tendances du moment. Je ne suis jamais une recette de A à Z. Je la personnalise toujours à ma façon. Bien évidemment le menu dépend des saisons et des produits que l’on trouve sur les étals.

Niveau organisation, je teste toutes les recettes de la semaine précédente. J’en profite pour faire des photos pour les réseaux sociaux. Comme pour l’instant, je ne connais pas encore le volume moyen de commande, je prépare une dizaine de plats le matin.Ensuite je m’occupe des livraisons. Puis l’après-midi je fais le point sur le stock et je pars faire les courses si besoin. 

Comment te sens-tu maintenant que Maison Alma est lancée  ?

Je suis contente d’avoir avancé dans mon projet en ayant créé une « cantine nomade » mais je ne suis pas encore satisfaite à 100% puisque le but est d’ouvrir un établissement physique dans lequel accueillir les clients. Avec une vraie cuisine professionnelle et un cadre joliment décoré pour que les gens puissent déjeuner sur place s’ils le souhaitent.

Je me sens tout de même fière et je suis contente de cette activité de livraison de repas. D’ailleurs cette formule me permet de voir que le concept plaît. Les client.es sont satisfait.e.s, recommandent et en parlent à leur entourage. Je pense que ce concept de cuisine saine et authentique manquait un peu sur le marché.

Quel type de local cherches-tu ?

Le local de mes rêves ferait entre 60 et 90m² avec une petite terrasse et un parking. Idéalement situé dans une zone de bureau de la métropole lilloise. Autant dire une aiguille dans une botte de foin ! Mais j’y crois. Avec le temps, je suis persuadée de trouver la perle rare. 

Quel est le regard des autres par rapport à ce projet ?

En ce qui concerne ma famille, j’en parle peu car je ne suis pas sûre qu’ils comprennent ce genre de reconversion professionnelle. Nous sommes une génération en quête de sens dans nos métiers et je pense que ce n’est pas toujours bien compris par la génération de nos parents. En revanche, mon conjoint me soutient depuis le début dans cette aventure et mes ami.e.s ont un regard bienveillant, ils m’encouragent, ce sont d’ailleurs mes premiers clients.

Sinon j’ai intégré récemment la F Collective, un club d’entrepreneuses, où j’ai rencontré des femmes géniales. On peut vite se sentir seule lorsqu’on est entrepreneuse et grâce à ce réseau, j’ai l’avantage de pouvoir échanger avec des personnes qui rencontrent les mêmes problématiques que moi. Cela me permet également de prendre de la hauteur par rapport à l’activité, d’avancer et d’apprendre énormément de nouvelles choses.

Est-ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ?

Oui beaucoup, je suis pas mal de femmes entrepreneuses sur les réseaux sociaux, cela m’inspire au quotidien. Si je devais n’en citer que deux, je dirais Cathy Closier, la fondatrice de Season et plusieurs autres établissements healthy sur Paris. Je trouve que c’est une business Woman qui a une belle « success story ».

Je me retrouve aussi beaucoup dans l’approche de Charlotte Lefebvre, la fondatrice de Chicon Pressé à Lille. Ce sont deux mamans entrepreneuses qui m’inspirent et me motivent au quotidien.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets persos ?

Pour l’instant je me concentre sur le développement de Maison Alma en tant que livraison de repas. Aussi je me marie en août, donc j’ai mis en stand-by la recherche d’un local pour quelque mois. Parce que tout gérer en même temps, ce n’est pas forcément évident. Donc en septembre je reprendrai la recherche d’un local pour ouvrir en 2023 mon premier établissement. Après dans un futur plus ou moins proche, j’aimerais pouvoir ouvrir plusieurs établissements.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Je dirais qu’il faut suivre sa boussole intérieure. Au fond de nous, on sait ce qui nous fait vibrer. Alors il faut savoir écouter ce qui nous anime.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous aimerez aussi