Floriane Perrot, fondatrice de TheraPilates

Floriane, fondatrice de TheraPilates

Kinésithérapeute de formation, Floriane Perrot découvre la méthode Pilates grâce à ses pairs. Curieuse et désireuse de quitter sa zone de confort, elle décide de se former à la pratique. C’est un véritable coup de cœur qui l’aide à sortir de son activité de kinésithérapie qui ne lui correspond plus. Aujourd’hui, avec TheraPilates, elle donne des cours aux personnes à la recherche de mouvement et de bien-être au quotidien.

Quel a été ton point de départ ? Ton déclic ?

Les choses se sont faites progressivement. Lorsque je me suis installée en 2010 dans le cabinet de Marcq-en-Baroeul, la titulaire donnait déjà des cours de Pilates en plus de son activité de kiné. Comme j’avais vu cette méthode dans mon ancien cabinet, je me suis dit que cela pouvait être l’occasion de me lancer. J’ai suivi une formation de Pilates pendant deux ans et j’ai obtenu ma certification en 2012.

Quand la titulaire du cabinet est partie, j’ai repris l’ensemble de l’activité. Je donnais des cours collectifs en petits groupes. Soit à des personnes dont je m’occupais en rééducation, soit à des gens qui voulaient simplement se sentir bien.

En parallèle, je commençais à me poser beaucoup de questions sur l’activité de kiné. Notamment sur les conditions de travail. Car certes en tant qu’indépendant, tu peux gérer ton emploi du temps comme tu le souhaites mais tout le back office à gérer pour 16,13€ la séance (tarif utilisé en grande majorité en kiné) ; ça n’était plus possible. Même vis-à-vis du soin, je n’étais plus alignée avec ce rapport soin/résultats. J’aime donner des conseils aux patient.e.s pour qu’ils puissent continuer à travailler en autonomie mais cette notion de séance régulière ne me convenait plus.

En septembre 2018, on me diagnostique une leucémie. Ce qui met fin à tous mes
questionnements et me donne l’occasion de dire aux patient.e.s : “j’arrête”. En 2019, je vais mieux et je décide de créer TheraPilates pour faire du Pilates mon activité principale.      

Pourquoi le Pilates ? Pourquoi ce nom TheraPilates ?

Quand j’ai démarré mon activité de kiné, je n’aurais jamais pensé donner des cours collectifs. Notamment parce que je n’étais pas à l’aise avec l’idée d’animer un groupe. Avec cette activité de Pilates c’était l’occasion de sortir de ma zone de confort.

Et très vite, j’ai vu tous les bienfaits du Pilates et la complémentarité avec le métier de kiné. C’est une activité physique douce qui renforce les muscles profonds et nous permet d’avoir un corps solide, souple et détendu. Elle est accessible au plus grand nombre, sans contre-indication (on adapte les exercices selon l’état de forme du jour). 

La méthode Pilates regroupe tout ce dont le corps a besoin, que ce soit du mouvement, de la force, de la stabilité, de la respiration, des assouplissements et une conscience de son corps. Au fur et à mesure de ta pratique, tu le connais de mieux en mieux et tu arrives à le maîtriser.

Le nom de TheraPilates est pour faire le lien avec la thérapie par le mouvement mais aussi la terre. Contrairement à d’autres pratiques, comme le yoga, le Pilates a un côté cartésien, terre à terre. Cela fait aussi sens par rapport à ma vision de la pratique et mon expérience dans le paramédical.

En quoi le mouvement est important pour le corps mais aussi pour l’esprit ?

Le corps et l’esprit fonctionnent ensemble. Lorsque l’on est bloqué.e, ankylosé.e, on crée des tensions musculaires, on a mal partout. Résultat, on ne se sent pas bien, on a tendance à être irritable.

Alors que lorsque le corps est souple, plein d’énergie, on se sent bien et on a envie de continuer à bouger. Certaines personnes ne pratiquent pas de sport parce qu’elles ont peur de se faire mal. Malheureusement c’est un cercle vicieux car si on ne bouge pas, on risque de s’ankyloser et d’avoir des douleurs chroniques.

Le corps a besoin d’être en mouvement au quotidien : en boule, en extension, en inclinaison, en rotation…Il faut explorer toutes les capacités fonctionnelles du corps. De cette manière, on se sent plus libre. Encore plus si ce mouvement s’accompagne d’une bonne respiration, on est plus zen.

Tu fais également des vidéos en ligne ?

Au départ j’ai commencé à faire des vidéos sur YouTube pendant le confinement pour continuer à faire faire des exercices aux personnes qui suivaient mes cours. Puis à la fin du confinement, tout le monde ne revient pas en présentiel. J’ai donc eu envie de laisser les vidéos pour celles qui préféraient rester chez elles, accessibles gratuitement sur la chaîne YouTube TheraPilates.

Le deuxième confinement arrive et dure jusqu’au mois de juin pour les salles de sport dont je faisais partie. Je continue comme la première fois en ligne et cette fois en visio, avec un retour visuel sur les participants. Et je me rends compte à quel point c’est génial. J’arrive à replacer les personnes, à corriger leur posture juste par quelques mots!

Aujourd’hui, beaucoup de gens ont repris les cours en présentiel mais d’autres préfèrent encore la visio pour la facilité d’emploi du temps. Donc je mélange les deux avec des cours mixtes : je suis en présentiel et en visio simultanément. J’ai un peu regardé à droite à gauche et j’ai vu qu’il y avait de la demande pour un studio virtuel avec des vidéos en ligne accessibles en replay. C’est pourquoi j’ai lancé une offre digitale avec un abonnement mensuel : plus de 20 vidéos avec des thèmes et des durées différents, accessibles en illimité et avec une nouvelle vidéo tous les mois.      

Tu as fondé TheraPilates il y a 4 ans, comment te sens-tu aujourd’hui  ?

Je suis ravie de mon activité actuelle. De ce mix présentiel/visio qui me permet de voir du monde sans être surchargée pour autant. Depuis le début de l’année, je commence à développer la partie événementielle avec des ateliers et un week-end bien-être organisé sur la Côte d’Opale. Et sinon, j’ai envie de louer mon studio à d’autres professionnel.e.s du bien-être pour diversifier l’offre et permettre aux participants de découvrir d’autres pratiques.

Finalement j’aime ce que je fais, j’ai envie de grandir et c’est cette partie qui est plus compliquée. Ça demande de l’investissement, du temps et de l’énergie qui est parfois dure à trouver en étant seule à la barre.

En tout cas, je ne regrette pas d’avoir arrêté mon activité de kiné.

Est ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ?

Je m’inspire beaucoup d’Instagram et de YouTube. Notamment les comptes de confrères qui réorientent leur activité de kiné vers quelque chose d’autre, les comptes d’agence de voyage autour du sport, ou encore ceux de personnes ayant acquis un lieu magique pour en faire un endroit de réception de team building ou d’événement bien-être.

De façon générale, et dans n’importe quel domaine, j’admire les parcours des personnes qui réussissent tout ce qu’elles entreprennent avec humilité. 

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets persos ?

En projet perso, j’ai envie de faire un raid au profit d’une association. Partir à l’aventure et partager des moments avec d’autres personnes. Quelque chose de sportif, de challengeant et avec un aspect caritatif. 

Tous les ans je fais une action solidaire. Pendant le confinement, j’ai soutenu l’association Les masques en or . L’an dernier j’ai fait un calendrier digital pour soutenir celle de Laurette Fugain. Dans l’idéal, j’aimerais être suffisamment développée pour pouvoir reverser 1% de mes bénéfices à une association ou en faveur d’une cause.

Sinon côté pro, la solitude commence à me peser donc j’aimerais pouvoir faire du collectif. Travailler main dans la main avec d’autres praticien.ne.s autour d’un projet, d’un objectif commun.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

C’est bateau mais c’est ce que je dis à mes garçons: croire en ses rêves et de tout mettre en place pour y arriver. D’avoir confiance en ses capacités et de savoir prendre du recul par rapport à la vie en général. Et enfin, d’arrêter de se prendre la tête pour se mettre en action.

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