Chloé Ramberti, du désir de maternité à l’énergie positive

désir d'enfant

Manager dans un cabinet de conseil parisien, Chloé Ramberti a un parcours plutôt traditionnel. Des études longues, des expériences à l’étranger et une belle carrièreCependant, un désir sommeille en elle depuis plusieurs années, celui de devenir mère. Pour l’instant, elle n’essaie pas encore d’avoir d’enfant et pourtant son désir de maternité fait partie de son quotidien.

Quand as-tu su que tu voulais devenir mère ?

Je crois que j’ai envie de devenir mère depuis toujours. Déjà enfant, je voulais en permanence m’occuper de mon petit frère et j’ai joué à la poupée pendant longtemps, jusqu’en 6ème. Difficile de savoir si, à cette époque, j’imitais juste ma mère ou si c’était révélateur d’un vrai désir d’enfant plus profond. 

Ce qui est sûr c’est qu’à l’âge de douze ou treize ans, je regardais des émissions sur la maternité telle que ” la Maison des Maternelles “. Donc on peut dire que mon désir de devenir mère remonte au moins à cette période-là. Si mes calculs sont bons, cela fait donc au moins dix-sept ans que je rêve de devenir mère. 

Cette envie ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui, j’ai trente ans et je suis certaine de mon désir d’enfant. Je le sens au plus profond de moi, dans mes tripes, dans mon corps. Pendant cette (très) longue période d’attente, j’ai aussi laissé la place au doute. À un moment j’ai eu besoin de comprendre si cette envie venait de moi, des modèles de femmes dans mon entourage ou bien des injonctions sociales. Pour répondre à cette question, je suis même allée à une conférence sur le thème ” être femme sans être mère “. J’avais besoin d’entendre les arguments des femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant pour voir si cela résonnait en moi ou pas.

Pourquoi aujourd’hui, tu ne réalises pas ce désir ?

Pour de multiples raisons. Ces raisons ont d’ailleurs changé suivant les périodes. Lorsque j’avais treize ou quatorze ans, tout simplement parce que j’étais “trop jeune “. Ensuite, j’ai fait des études longues et je n’avais pas une situation financière suffisante. Puis au moment où j’ai obtenu mon premier job, j’ai voulu faire mes preuves et m’investir complètement dans ma vie professionnelle, ensuite j’ai eu une promotion, etc…

Et puis, à certain moment j’ai été célibataire, ou pas avec “le bon ” partenaire ou bien celui-ci n’était pas prêt à devenir père. Ce qui complexifie la concrétisation de cette envie c’est qu’avoir un enfant est un projet qui se construit à deux. Je ne maîtrise pas à 100% la situation contrairement à d’autres projets de vie. Cela ne dépend pas uniquement de moi.

Ce qui est fou, c’est qu’on ne parle jamais de la période entre le moment où une femme a envie de devenir mère et le moment où elle a un enfant. Comme s’il suffisait de claquer des doigts pour qu’en une seconde notre rêve de devenir mère se concrétise. Alors qu’en réalité il y a très souvent une période d’attente, de latence. Cela peut durer une semaine, un mois comme plusieurs années. Chaque femme a sa réalité : par exemple certaines femmes connaissent ce temps d’attente car elles sont jeunes, étudiantes, célibataires, carriéristes, ou bien car leur partenaire n’est pas prêt à être père. Ou encore car elles sont confrontées à l’infertilité ou à des fausses couches. Il y a mille raisons possibles de vivre cette attente.

Pour ma part, je n’essaie pas encore d’avoir un enfant alors que j’ai un ” bon job “, un appart, un partenaire qui me correspond, bref une situation stable qui peut paraître idéale (ou du moins conforme aux standards occidentaux…).

Comment ce désir se traduit au quotidien ?

Ma façon de vivre ce désir a beaucoup évolué tout au long de mon parcours. Pendant très longtemps, je me suis sentie seule face à mon rêve de devenir mère. Je n’osais pas en parler autour de moi à cause de plein de peurs et de croyances limitantes : la peur d’être jugée car j’étais jeune, la peur de mettre la pression à mon partenaire, la peur que cela porte atteinte à ma carrière, la peur de ne pas être légitime face à mes amies qui ont déjà des enfants…

D’ailleurs durant une longue période, je n’avais qu’une seule obsession : ne pas laisser de traces de mon désir d’enfant. Je me renseignais sur la maternité uniquement en cachette. J’allais discrètement faire des recherches sur internet, j’écoutais des podcasts sur la maternité et je regardais des vidéos d’accouchement en secret. Je n’osais pas acheter un livre sur la maternité par exemple, par peur que quelqu’un tombe dessus par hasard. En définitive, à cette époque, mon désir de maternité était dévorant, il m’obsédait et me rongeait un peu de l’intérieur.  

Au fil de rencontres et de déclics, j’ai transformé ce désir dévorant en énergie positive et constructive. Aujourd’hui, cette période d’attente est joyeuse et extrêmement riche d’apprentissage et de développement personnel. J’en profite pour apprendre à me connaître : comprendre quelles sont mes peurs, mes besoins, mes attentes, réfléchir à ce que je souhaite transmettre à mon enfant. Ce qui est génial aussi c’est que je prends le temps d’en apprendre plus sur la maternité. Grâce à cette période d’attente, je me sens épanouie et vraiment prête à être mère et à vivre une ” maternité consciente “.

Comment transforme-t-on ce désir d’enfant en énergie positive ?

Mon rêve de devenir mère a toujours eu une place centrale dans ma vie. Mais j’ai réussi à transformer ce désir dévorant en énergie positive à partir du moment où j’ai arrêté de faire des choix par défaut, « en attendant » cet enfant. 

J’aurais tellement de choses à dire ! Il y a beaucoup d’astuces, d’outils, de déclics, d’expériences, d’apprentissages qui m’ont aidé et que j’ai envie de partager. 

Quel est le regard de ton entourage par rapport à cette envie ?

Mon entourage n’est pas surpris par mon envie de devenir mère. Les gens me disent que cela se voit car j’ai vraiment ce côté maternel en moi. C’est une partie de ma personnalité, de mon identité. 

Et celui du corps médical ?

Pour ma part, je n’en n’ai jamais vraiment parlé avec le monde médical. J’ai juste parlé de mon désir d’enfant à ma gynécologue car utiliser un contraceptif me semble personnellement assez contre-intuitif. Lorsque tu as un désir d’enfant profondément ancré en toi, tu as un rapport à ton corps très différent. Par exemple, à chaque fois que j’ai mes règles j’ai un petit pincement au cœur même si je sais que je n’essaye pas de tomber enceinte.

Du coup ta vie sans enfant c’est comment ?

Pendant longtemps, c’était synonyme de frustrations car cette phase d’attente me paraissait interminable. 

Puis un jour, ma vision des choses a changé. Je me suis dit que tout ce que je faisais dans ma vie allait me servir plus tard dans mon projet de maternité.

Depuis, mon désir d’enfant est synonyme de joie et de beaux projets.

Est ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ? 

Oui, j’ai trois personnes en tête. La première c’est ma propre mère car je me rends compte que la maternité est un sujet complexe ! Plus j’en apprends sur le sujet et plus je suis admirative. La seconde, c’est Zoé, une femme à la fois vulnérable et forte qui m’a fait découvrir la puissance de la sororité avec les cercles de femmes. Et puis il y a aussi Emilie, une coach spécialisée dans l’empowerment féminin avec qui j’ai appris à suivre mon instinct et à écouter mon ” fuck yes, I will do it ! “.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets persos ?

Je facilite régulièrement des cercles de femmes. C’est tellement important de pouvoir s’exprimer, de se sentir écoutée, et de pouvoir déposer ses mots, ses doutes, ses envies, ses rires et ses larmes dans un espace sacré et bienveillant ! Ces cercles sont ouverts à toutes les femmes, qu’elles soient en « essai bébé » ou pas, qu’elles aient déjà des enfants ou pas, qu’elles soient sûres d’en vouloir ou pas. Participer à un cercle de femmes c’est se faire le cadeau d’expérimenter la puissance de la sororité. Je reçois très souvent des messages de femmes qui me remercient car cela leur permet de se sentir moins seules et les aide à avancer sur leur chemin personnel.


Je suis fière de donner une place à la voix de ces femmes. On ne parle pas assez du désir de devenir mère (et de tout ce qui se joue pour les femmes pendant cette période) avec le spectre de la psychologie, du développement personnel et de la spiritualité. Vous trouverez plus d’info sur les cercles de femmes sur mon compte Instagram @pourquoi.choisir

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Un message pour moi, ça serait “assumes-toi à fond dans ton authenticité et ton désir d’enfant “. En ce qui concerne les autres femmes, j’aimerais leur dire que ce désir dévorant peut se transformer en énergie positive. Et que c’est vraiment dingue quand on vit ça ! Pour cela, il faut se donner les moyens de changer et de voir la vie sous un autre angle.

Retrouvez Chloé et les informations sur les cercles de femmes sur son compte Instagram @pourquoi.choisir.

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