Béatrice Lorans, globe-trotteuse & expatriée en Angleterre

Beatrice, globe-trotteuse, expatriée

Béatrice Lorans, designer produit a saisi les opportunités très jeune pour voyager et partir aux quatre coins du monde. Depuis trois ans, elle a posé ses valises au sud de l’Angleterre et nous raconte sa vie d’expatriée.

Quel a été le déclic de ces voyages ?

Au tout départ, j’avais juste envie de voir autre chose que la France. Je voulais visiter d’autres endroits, connaître d’autres cultures et rencontrer d’autres gens. Avec les études j’ai pu partir en Inde et cela a été ma première grosse expérience à l’étranger. Énorme choc culturel dont j’avais besoin et envie, qui m’a permis de vivre une année et demie merveilleuse. Puis j’ai passé plusieurs mois en Floride aux USA pour un stage, de même en Italie. J’ai poursuivi avec la Suède, toujours guidée par des choix professionnels, stages au début puis jobs par la suite.

En étant designer j’aime vraiment ce que je fais, je voulais profiter des opportunités qui m’intéressaient sans me sentir bloquée par le lieu ou l’endroit. Suivre ces propositions n’a fait que renforcer mon goût pour le voyage.

J’ai atterri en Angleterre tout simplement parce que je cherchais du boulot. J’ai eu une opportunité chez Kenwood et cela m’a vachement plu. Entre avoir une opportunité en France et à l’étranger, j’ai préféré repartir. J’avais encore envie de voyages alors pourquoi ne pas continuer ?

Comment tu te sentais au début ?

Avant, je voyageais dans le contexte des études, je partais à l’aventure mais pour des périodes déterminées. L’arrivée en Angleterre était un peu différente, je partais pour un job donc il n’y avait pas de date limite en quelque sorte. Je me disais “allez on y va mais qu’est-ce qu’il va se passer ensuite…” J’ai eu un peu plus de mal à m’habituer car au fond je pouvais peut-être y rester pour toujours. Et par rapport à mon caractère peu sédentaire, devoir se poser me faisait un peu flipper. J’avoue que j’ai eu des petits moments de ” mince qu’est-ce que je fais là ” !

Et comment s’est passé ton arrivée du coup ?

Au début, j’ai eu du mal à m’habituer et puis petit à petit j’ai rencontré des gens cool, d’autres expatriés, on a commencé à faire des activités ensemble. Et puis j’ai aussi pris mes marques dans mon travail, je me suis sentie de plus en plus à l’aise.  Le clou du spectacle c’est lorsque l’on rencontre quelqu’un. Après un an et demi, j’ai rencontré un British, Andy! Cette rencontre, forcément, me donne un peu plus envie de rester en Angleterre.

Comment se passe ta vie en Angleterre ?

Le fait de sortir avec un anglais ça m’aide beaucoup à les comprendre, ça c’est sûr. Il y a des expressions, des manières de faire qui me font rire maintenant. Andy par exemple a une vision des français comme n’étant pas ponctuels mais c’est drôle justement de pouvoir faire le parallèle entre nos deux cultures. Voilà, certaines choses me font rire, d’autres m’énervent mais la conclusion c’est que maintenant je suis à l’aise et je me sens intégrée au pays. Au début j’aimais moins le côté de Portsmouth où je vis, alors que plus maintenant. J’ai trouvé tous mes repères et je m’y sens bien.

Sur le plan professionnel, j’aime beaucoup la manière de travailler des anglais. Il y a un respect total de ta vie à côté. Être bon dans ton boulot ça ne veut pas dire bosser jusque 22H, prouver à tout le monde que tu parles plus fort que les autres etc. Plusieurs fois je me suis mis la pression pour finir une tâche le soir et mon boss m’a tout de suite déculpabilisée. Il m’a dit que rester tard ne changerait grand chose. D’ailleurs finir le lendemain est souvent plus efficace que boucler un truc en vingt minutes en fin de journée, probablement mal fait.

Sinon dans la vie de tous les jours, je dirais que l’ambiance se passe au pub ! En France on a les terrasses mais là-bas si tu veux rencontrer tes potes tu vas au pub, l’ambiance est super sympa. Tu peux aller dans le “Countryside” pour faire une balade et là tu tombes sur tes copains pour aller prendre une bière. Ils ont aussi le “Sunday Roast”, le rôti du dimanche que j’adore. Donc tu peux marcher, puis aller au pub pour manger.

Quel a été le regard des français quand tu es partie ?

J’ai commencé les voyages à l’âge de vingt ans lorsque je suis partie en Inde pour étudier. Au début, la réaction de ma famille et mes amis c’était:  “whaou c’est la première à partir, c’est top”. J’étais l’aventurière qui partait dans un pays étranger. Mes parents étaient très contents pour moi, ils étaient fiers mais espéraient que je rentre vite. Car j’étais quand même l’oiseau qui quitte le nid.

Aujourd’hui, les gens sont habitués et disent, “Béa, elle va faire sa vie à l’étranger, c’est bon!”. De plus, Andy est là à présent et même si nous nous manquons avec ma famille, ils savent que ma vie est en Angleterre maintenant.

Est-ce que tu as le sentiment de t’être trompée ? 

Non pas du tout et je pense que je referais tout pareil. Sûrement parce que je ne dois pas apprendre de mes erreurs, non je rigole. Mais au final, être à l’étranger ça m’a aussi fait apprécier la France. Peut-être que je n’appréciais ou ne reconnaissais pas assez ce pays sans être partie. Des fois j’ai super envie de rentrer, la culture est quand même géniale en France et j’adore les gens. Quand on part, on est aussi toujours super content de rentrer.

Est ce que tu as des modèles ? Des sources d’inspiration ?

C’est difficile comme question… je n’ai pas de modèles, de personnes à qui je me réfère. Par exemple, je vais observer ce qui m’entoure, les gens dans la rue et me dire “son style est trop cool, ça pourrait être bien de mixer ceci avec cela”. Voilà où je trouve mes inspirations. Ensuite, bien sûr mes grand-mères, ma mère, ma soeur, bref toutes ces femmes m’ont forcément inspiré mais je pense que c’est inconscient. En tout cas, je ne suis pas influencée par des icônes.

Et la suite c’est quoi ? Est-ce que tu as des projets pro ? Des projets perso ?

Côté personnel, le grand pas a été d’emménager chez Andy. Donc dans le futur, je me vois vivre en Angleterre, avec lui et apporter ma “French touch” à son univers. C’est un peu: “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants” (enfin pas trop quand même!)  Et sinon, je continue certains hobbies comme courir, coudre, dessiner pour rester motivée.

Côté professionnel, tout se passe plutôt bien. J’aime mon taf, même si la situation actuelle a été propice à un peu de chômage partiel. Pourquoi pas évoluer par la suite ou peut-être changer d’entreprise, d’agence. J’ai bougé depuis Kenwood mais je resterais dans le design c’est certain.

Si tu jetais une bouteille à la mer, quel message te laisserais-tu pour ton toi futur ou pour les prochaines générations ?

Je dirais de ne pas être effrayée de l’inconnu, et foncer. Pour une fois, foncer avant de réfléchir !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous aimerez aussi