Trouble dysphorique prémenstruel : entre diagnostic et solutions

trouble dysphorique prémenstruel

Si certaines femmes souffrent de SPM, d’autres sont victimes du trouble dysphorique prémenstruel. Aussi appelé TDPM, il est une forme bien plus sévère du syndrome prémenstruel puisqu’il peut conduire à des envies suicidaires. Bien qu’il ne dure qu’une dizaine de jours, pendant la phase lutéale, il est problématique car cyclique. Lié aux hormones, il revient à chaque cycle menstruel…Alors comment le diagnostiquer et le soigner ?

Plus grave que le SPM

De nombreuses femmes sont sujettes au syndrome prémenstruel avec ses douleurs mammaires, ses maux de tête et ses émotions fluctuantes. Mais peu souffrent du trouble dysphorique prémenstruel, une forme plus grave du SPM. Si ce dernier touche 20 à 50% des femmes, le TDPM, lui, concerne entre 5 à 8% de la population féminine.

À chaque cycle menstruel, la même histoire se répète : la phase lutéale s’accompagne d’irritabilité et de maux de ventre. Sauf qu’à ces symptômes s’ajoutent une anxiété et une humeur dépressive bien plus importantes. Qui mènent parfois à des tentatives de suicide. Le trouble dysphorique prémenstruel s’apparente à la dépression. À la différence que celui-ci ne dure que quelques jours, de la fin de l’ovulation jusqu’au premier jour des règles.

Le TDPM est causé en grande partie par la chute des oestrogènes puis de la progestérone à l’approche des menstruations. Cependant il peut être favorisé par des antécédents familiaux de SPM, un traumatisme ou encore une carence en sérotonine, un neurotransmetteur capable de réguler les émotions. Malheureusement les recherches médicales n’ont, à ce jour, pas identifié toutes les causes du trouble dysphorique prémenstruel ou ses éventuels facteurs de risques. D’ailleurs cette affection n’est répertoriée que depuis 2013 dans le DSM, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

Les symptômes du trouble dysphorique prémenstruel

Le trouble dysphorique prémenstruel est similaire au syndrome prémenstruel dans le sens où les deux provoquent une sensibilité au niveau des seins et du ventre ainsi qu’une instabilité émotionnelle. Cependant le TDPM est nettement plus fort car il s’accompagne d’autres symptômes physiques et psychologiques.

Des douleurs musculaires, une grande fatigue, une prise de poids, des fringales ou au contraire une perte d’appétit. Mais aussi des troubles de la concentration et du sommeil, des sautes d’humeur très marquées, une dépréciation de soi, une impression de perdre le contrôle, une grande angoisse et un sentiment de désespoir.

Si le SPM complique le quotidien, le TDPM, lui, empêche de le vivre. Effectivement, il impacte fortement la vie personnelle et professionnelle puisqu’il est impossible d’effectuer des actions simples et d’exprimer ce que l’on ressent. Sans compter que cette dépréciation de soi et ce désespoir pousse à s’isoler, à se couper du monde.

Comment le diagnostiquer ?

Même si cela parait difficile, la première chose à faire est d’en parler autour de soi. Que cela soit à son entourage ou à d’autres personnes qui souffrent du trouble dysphorique prémenstruel. Par exemple, il existe une association en France qui accompagne les personnes concernées et sensibilise le grand public.

En cas de doute, le mieux est de consulter un.e gynécologue ou un.e sage-femme mais aussi un.e psychologue. Ces dernier.e.s vont étudier votre cas et voir si vous êtes concernée par plusieurs des symptômes dont l’instabilité émotionnelle, la forte anxiété et le sentiment de désespoir. L’analyse prend au minimum deux cycles menstruels pour vérifier que cet état se produit tout au long de la phase lutéale et disparaît en phase folliculaire.

Malheureusement, la méconnaissance du TDPM favorise l’errance médicale ou le mauvais diagnostic. En effet, il n’est pas rare que des praticien.ne.s le confondent avec le burn-out, la dépression ou la bipolarité…Ainsi, si vous avez le sentiment de ne pas être prise au sérieux ou que l’on écoute pas suffisamment vos ressentis, n’hésitez pas à consulter une autre personne.

Quelles sont les solutions ?

Tout comme pour le SPM, il n’existe pas remède miracle au trouble dysphorique prémenstruel. Néanmoins certaines solutions, naturelles ou non, peuvent l’amoindrir ou en soulager les symptômes.

Médecine conventionnelle et alternative

Du côté de la médecine classique, la contraception hormonale, pilule ou implant par exemple, ainsi que des anti-inflammatoires, peuvent apporter une solution temporaire au TDPM. Dans certains cas on recommande également un traitement endocrinologique et/ou la prise d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Bien sûr un suivi psychologique est également bénéfique pour parler de ce que l’on vit et apprendre à mieux communiquer ses émotions.

La médecine douce n’est pas en reste puisqu’une thérapie comportementale et cognitive peut apporter une réponse supplémentaire au trouble dysphorique prémenstruel. Tout comme la sophrologie, l’hypnose ou la naturopathie qui permettent de réduire le stress et de maintenir un certain équilibre de vie.

Les gestes du quotidien

Par ailleurs, certaines actions simples sont un bon moyen d’apaiser les symptômes du TDPM. Une hygiène de vie saine pour commencer. Avec une bonne hydratation quotidienne, une alimentation riche en fibres, en vitamines et oligo-éléments. Pourquoi pas des compléments alimentaires pour apporter du zinc, de la vitamine B6 et du magnésium à l’organisme. Une cure d’huile d’onagre avant les menstruations est par exemple plutôt efficace.

L’idéal est également de prendre le temps de se reposer correctement pendant la phase folliculaire et de pratiquer une activité sportive régulière afin d’éviter le retour de bâton après l’ovulation. Bon à savoir : le yoga hormonal apaise les symptômes du SPM.

Pour finir les plantes sont aussi source d’apaisement au quotidien. Ici on mise sur celles qui régulent le système hormonal et/ou sont anti-stress comme la sauge, l’achillée millefeuille, la camomille allemande, le gattilier ou la mélisse. Que l’on peut consommer sous la forme de tisane quelques jours avant les menstruations.

Photo ©Liza Summer

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