Syndrome du choc toxique, plus q’une histoire de tampons

syndrome du choc toxique

Depuis l’amputation du mannequin Lauren Wasser et le décès d’une adolescente belge, le syndrome du choc toxique inquiète. Maladie infectieuse rare mais grave, elle est en lien avec les règles. Et plus précisément avec une mauvaise utilisation des protections périodiques. Mais comment en reconnaître les signes ?

Menstruations et SCT

Le syndrome du choc toxique ou SCT est une maladie infectieuse provoquée par une prolifération d’une bactérie bien particulière, le staphylocoque doré. Présente naturellement dans la plupart des organismes humains, on la retrouve surtout dans la gorge, le nez, le périnée ou le vagin. Seule ou en nombre stable, elle n’est pas forcément synonyme de maladie. En revanche, une multiplication anormale provoque une infection et produit des toxines qui vont circuler dans le sang et contaminer les organes. Généralement le foie, les reins ou les poumons.

Mais que viennent faire les règles dans cette histoire ? Ce n’est pas les menstruations à proprement parler qui augmentent le risque de SCT mais plutôt les protections périodiques internes. Ainsi, un tampon, une cup ou une éponge menstruelle retiennent le sang menstruel à l’intérieur du corps pendant plusieurs heures. Chose qu’on leur demande de faire. Sauf que passé un certain temps, cela crée un milieu propice à la prolifération des bactéries. Dont le fameux staphylocoque doré.

Le syndrome du choc toxique reste une maladie rare puisqu’on ne compte qu’une vingtaine de cas par an en France. Pourquoi si peu ? Parce que pour souffrir d’un SCT, il faut remplir plusieurs critères. Déjà être porteuse d’une souche particulière du staphylocoque doré, ensuite avoir un système immunitaire fragile ou fatigué. Et enfin ne pas utiliser correctement les protections périodiques. À noter qu’une blessure peut également provoquer un SCT. Mais ce cas est encore plus rare car on pense plus à désinfecter une plaie qu’à changer un tampon au bout de six heures. Sans compter que de nombreuses femmes en portent toute la nuit.

Alerte rouge

Ce qui rend le syndrome du choc toxique menstruel dangereux, c’est son apparence trompeuse. Effectivement les premiers symptômes sont similaires à ceux d’un état grippal ou d’une gastro. Une forte fièvre, des étourdissements, un mal de gorge, des migraines, des vomissements et une diarrhée. Par ailleurs, en l’absence de plaie, on ne pense pas tout de suite à une infection.

Celle-ci s’aggrave et des éruptions cutanées, comme des coups de soleil, apparaissent sur le corps. La tension baisse, le rythme cardiaque s’emballe et la confusion prend le dessus. Ces symptômes apparaissent environ douze heures après le début de l’infection. Non soigné, le SCT peut provoquer une défaillance des organes, une gangrène, un coma et, dans les cas les plus graves, le décès.

Vous ne vous sentez pas bien et vous avez un doute ? Ne perdez pas de temps. Retirez votre protection périodique avant de vous rendre aux urgences. Si le SCT est confirmé, les médecins nettoient la zone infectée et vous mettent sous antibiotiques. Pas de panique, le diagnostic vital n’est jamais engagé quand la maladie est traitée à temps.

Quelques règles à respecter

Même si le syndrome du choc toxique est rare et que tout le monde n’est pas porteur de la souche particulière du staphylocoque, quelques précautions s’imposent. Tout d’abord, toujours se laver les mains avant d’utiliser une protection périodique interne. Ensuite, ne pas garder un tampon plus de six heures et vider sa cup menstruelle toutes les quatre à six heures. Donc on évite de dormir avec ! Surtout si on a prévu de faire une grasse matinée. D’ailleurs, la cup doit être correctement nettoyée avant chaque utilisation. Et si vous n’avez jamais porté ce type de protection, n’hésitez pas à bien lire la notice ou à demander des conseils. En effet, une mauvaise mise en place augmente les risques de SCT. Tout comme en porter alors que les règles ne sont pas encore arrivées.

Et la composition des tampons dans tout ça ? Souvent mise en cause, elle n’est pas forcément responsable du syndrome du choc toxique. Mais elle n’est pas innocente non plus. Ainsi de nombreuses études ont relevé la présence de produits chimiques tels que le glyphosate dans les tampons. Or cette substance, qu’on retrouve dans les herbicides, est un cancérigène potentiel et un perturbateur de l’équilibre hormonal. De quoi donner envie de tester des alternatives aux protections périodiques classiques.

Photo ©Scaled

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