Déni de grossesse, quand le corps et l’esprit nous trompent

déni de grossesse

Loin d’être ordinaire, le déni de grossesse touche presque 1 femme sur 500. Mais comment est-il possible de ne pas se rendre compte que l’on attend un enfant, parfois même jusqu’au moment de l’accouchement ?

Surprise générale

Le déni de grossesse est la non conscience d’être enceinte. À la différence d’une grossesse dissimulée, la femme ne se sait pas enceinte et n’a d’ailleurs aucun signe de l’être. L’aménorrhée est souvent le premier élément qui nous renseigne sur notre état, mais dans le cas d’un déni, les règles sont fréquemment présentes. Il est d’ailleurs possible de faire un déni de grossesse tout en prenant une contraception. Pas de ventre, pas de prise de poids particulière ou de nausées, le corps nous paraît habituel. On parle d’ailleurs de contagion du déni de grossesse, car l’entourage ne le remarque pas non plus. 

Il s’agit de déni partiel lorsque la découverte de la grossesse a lieu après le premier trimestre mais avant le terme. Tandis qu’un déni est total lorsque l’on découvre être enceinte lors de l’accouchement.

Un mécanisme de défense

Le déni de grossesse est un mécanisme psycho-corporel très fort et inconscient. L’idée d’être enceinte n’est tellement pas en perspective que le corps et le psychisme s’allient pour dissimuler cet état et masquer les symptômes. Lors d’une grossesse classique, l’utérus se place vers l’avant, pour laisser la place au bébé d’adopter une position foetale. Cela pousse les abdominaux et force le ventre à s’arrondir. Lors d’un déni, l’utérus se place vers le haut, repoussant diaphragme et poumons pour installer le bébé de manière verticale. Plus en profondeur du corps, celui-ci n’évoque pas une grossesse. Même les médecins peuvent passer à côté.

Lorsque certains symptômes pointent leur nez, mais que l’idée de grossesse est rapidement écartée, il s’agit alors plus de dénégation. Lorsque l’on a des doutes, ou la peur d’être enceinte, nous avons déjà conscience d’une éventuelle grossesse. Il ne s’agit donc pas de déni. Se poser la question d’être enceinte écarte ce phénomène.

Le déni est levé

Le psychisme niant la grossesse, les manifestations physiques sont alors bloquées. Mais lorsque le déni est levé et que la femme prend conscience d’être enceinte, le changement morphologique est souvent très rapide et impressionnant. Le ventre peut s’arrondir dans les heures qui suivent et suivant le stade, il se peut que l’on ne ferme tout à coup plus les boutons de son jeans. Il faut qu’une personne extérieure puisse verbaliser la grossesse pour lever le déni et que la prise de conscience s’opère. Débloquant le mécanisme de défense, le corps se transforme, même juste avant l’accouchement.

En effet, parfois un test de grossesse se révèle négatif alors que nous sommes pourtant enceinte. Un test n’est jamais fiable à 100% et de faux négatifs sont possibles. Le délai est également à prendre en compte, et les tests sont le plus efficace entre sept et douze semaines d’aménorrhée. Si l’on réalise un test à cinq mois de grossesse par exemple, il y a des chances que celui-ci ne fonctionne pas. 

Un phénomène extraordinaire

Le déni de grossesse n’est pas à banaliser. D’autant plus qu’il concerne toutes les femmes, quel que soit l’âge ou le milieu socio-économique. Il n’est pas non plus réservé aux adolescentes ou aux nullipares. Une femme ayant déjà eu des enfants peut faire un déni de grossesse pour un suivant. Quelques facteurs peuvent augmenter le risque de déni comme une stérilité supposée, des grossesses rapprochées, un contexte familial difficile avec des abus psychologiques ou sexuels. 

Les changements n’étant pas visibles, nul ne se doute d’une grossesse et rend sa découverte encore plus spectaculaire, et parfois traumatisante.

Les conséquences

La grossesse est un processus physiologique permettant la croissance du bébé. C’est également un processus psychologique pendant lequel la femme devient mère. Celui se réduisant avec une découverte tardive ou lors du terme, c’est un cataclysme pour la femme. Sidération, confusion, trahison de son corps et perte de contrôle, les réactions varient. Certaines acceptent rapidement la situation quand d’autres ne peuvent se faire à l’idée. La relation mère-enfant peut être gravement altérée et c’est pourquoi il est important d’avoir un suivi psychologique dès le déni levé.

Une grande culpabilité peut également se faire ressentir lorsqu’on a pas senti son enfant. On a vécu normalement, sans restrictions alimentaires, tabagiques etc. Pourtant, les conséquences pour le fœtus sont généralement bien moins graves que pour la mère. Lorsque le déni est total, le traumatisme est encore plus grand et la naissance peut s’avérer compliquée. Risque d’abandon ou de néonaticide, une prise en charge médicale et psychologique est nécessaire pour le bien-être de la femme et de son enfant.

Photo ©Mart Production

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