Couleur des règles : toujours rouge ?

couleur des règles

Contrairement aux idées reçues la couleur des règles n’est pas forcément rouge vif. Elle peut tirer vers le rose, le bordeaux voire même le brun foncé. Si cette colorimétrie variée s’explique en grande partie par les variations hormonales, elle est parfois le symptôme d’une affection…

Un rappel des règles

Les règles se traduisent par un écoulement de sang provenant de l’utérus vers le vagin. Elles marquent le début du cycle menstruel et résultent de la non fécondation de l’ovule lors du précédent. C’est-à-dire qu’en l’absence de grossesse, l’endomètre, qui s’était épaissi pour préparer l’implantation d’un potentiel embryon, se désagrège. Ainsi les menstruations sont composées de sang, de débris de l’endomètre, d’eau, de bactéries de la flore vaginale et de sécrétions (cyprine ou pertes blanches).

En fonction des femmes elles durent entre deux à sept jours et s’accompagnent de contractions de l’utérus, de douleurs mammaires et de migraines. Côté perte de sang, la quantité varie entre 50 à 100ml sur la période. On parlera de flux léger en dessous de cette moyenne et de flux abondant au-dessus. Ce qui est sûr, c’est qu’aucun des cas n’est anormal ou irrégulier. Cela dépend des femmes et d’ailleurs ces ” mesures ” peuvent également changer d’un cycle à l’autre chez une même personne.

La quantité et la durée ne sont pas les seules caractéristiques variables. Effectivement la couleur des règles est aussi fluctuante. Rouge vif, foncé ou noir, elle dépend de leur composition (caillots ou filaments de glaire cervicale), du jour du cycle (début ou fin des menstruations) mais aussi d’affections potentielles. À noter que cela ne s’applique pas sous pilule contraceptive car il ne s’agit pas de règles mais de saignements de privation. Alors comment se repérer dans cette colorimétrie particulière ?

Nuances de rouge

Autant commencer par le plus évident : le rouge. Une couleur de règles d’un rouge bien vif indique que l’utérus travaille à plein régime. Ses contractions détachent l’endomètre de la paroi utérine et l’évacuent rapidement. Cela se produit généralement lors du deuxième ou troisième jour du cycle lorsque que le flux est le plus abondant.

De son côté, un rouge plus foncé s’explique par la présence de caillots. Rien d’inquiétant puisqu’ils ne sont que du sang coagulé. C’est-à-dire que ce dernier a stagné avant d’être évacué. Ainsi les caillots sont souvent fréquents lors du premier passage aux toilettes après la nuit par exemple. De plus une couleur de règles qui tire sur le bordeaux résulte de l’oxydation du sang. Le fer présent dans ce dernier ” rouillant ” au contact de l’air.

Noir, il n’y a plus d’espoir ?

Maintenant, il est temps de passer aux nuances plus surprenantes. Le noir par exemple. Cette couleur de règles, souvent accompagnée d’une consistance épaisse, provient simplement de la vieillesse du sang évacué. En effet, plus la muqueuse utérine qui se détache est longue à s’éliminer, plus les menstruations seront foncées. Cette nuance particulière s’observe habituellement au premier jour du cycle lorsque l’utérus commence lentement à faire le ménage et/ou au dernier jour des règles quand il ne reste plus grand chose à évacuer.

Le sang peut également tirer sur le marron foncé pour les mêmes raisons. Ou parce qu’il a eu le temps de sécher et donc de s’oxyder. On le voit clairement sur une serviette périodique ou une culotte menstruelle en fin d’utilisation. Par ailleurs en début de règles, les pertes blanches se mélangent à la faible quantité de sang perdu, ce qui ” décolore ” ce dernier.

Mais cette couleur de règles peut être aussi le signe d’une contraception hormonale non adaptée ou d’un oubli de pilule répété. Les variations hormonales provoquant ainsi des saignements ” anormaux “. De même il est possible que le sang marron, notamment s’il tire sur le sépia, soit le symptôme d’un début de grossesse. On parlera alors de saignements d’implantation puisque l’embryon en s’accrochant à la paroi utérine peut rompre quelques vaisseaux sanguins. Bon à savoir : si vous n’avez pas eu de rapport à risque, de changements dans vos règles ou d’autres symptômes, inutile de courir faire un test de grossesse. Attendez de voir si vos menstrues prennent une couleur plus rouge par la suite.

Du rose au gris

Autre couleur de règles possible : le rose. Comme le marron, cette nuance résulte souvent du mélange entre pertes vaginales et sang le premier jour du cycle ou à la fin des menstruations. Mais aussi d’un saignement d’implantation lors d’un début de grossesse, de la prise d’un contraceptif hormonal non adapté ou de l’enchainement de deux plaquettes de pilule pour ” sauter” les règles. Le rose est aussi parfois le signe d’une anémie.

Bien plus étrange, l’orange et le gris. Si ces deux couleurs sont associées à des douleurs lors de la miction, à une odeur nauséabonde et/ou à une sensation de brûlure, c’est que vous souffrez sans doute d’une infection vaginale ou d’une IST. Dans ce cas, une consultation médicale d’urgence s’impose.

Et en dehors des menstruations ?

Il n’est pas rare d’observer des pertes de sang en dehors de la période des menstrues. Appelées spotting, elles ne sont généralement pas grave mais nécessite une certaine surveillance. Rose ou marron clair, il s’agit de sang mélangé à un peu de glaire cervicale. Elles peuvent se produire au moment de l’ovulation sous l’effet de l’augmentation de la progestérone. Mais également après un rapport sexuel si la muqueuse vaginale ou le col de l’utérus est irrité. Bien sûr, la contraception hormonale est encore en cause notamment si on en a changé ou démarré une nouvelle récemment. Enfin, un spotting régulier peut aussi être le signe de la pré-ménopause, les hormones commençant alors leur chute. À noter que le stress joue également un rôle dans ce type de saignements.

Ce qui est certain, c’est qu’en cas de spotting répété et encore plus, s’ils s’accompagnent de douleurs, il ne faut pas hésiter à aller consulter un.e gynécologue ou un.e sage-femme. En effet, des saignements en dehors des règles peuvent être le symptôme d’un fibrome ou de polypes utérins. Notamment lorsque les menstruations sont abondantes et douloureuses. D’IST ou d’infections vaginales quand il y aussi des mauvaises odeurs, une irritation ou une gène. Ou encore d’anomalie du col de l’utérus lorsque chaque rapport sexuel est douloureux.

Photo © Karolina Grabowska

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