Se ronger les ongles, une sacrée manie…

se ronger les ongles

Se ronger les ongles, une manie dont on aimerait bien se séparer et qui pourtant nous paraît parfois insurmontable, tant le geste devient inconscient. Pourquoi sommes-nous sensibles à ce TOC et comment s’en défaire ?

L’onychophagie

Voilà le nom savant derrière cette manie que l’on traîne souvent des années avant de s’en débarrasser. Se ronger les ongles, en plus d’être inesthétique est également peu hygiénique. Au contact permanent des surfaces, les ongles accumulent beaucoup plus de germes que les mains elles-mêmes. Peau abîmée, cuticules arrachées, stries et dédoublement de l’ongle, se ronger les ongles jusqu’au sang favorise les infections en plus de faire mal. La seule solution, en prendre conscience et stopper cette habitude pour retrouver des ongles et des mains en bonne santé.

Une question de stress

Se ronger les ongles peut commencer vers l’âge de deux ans, parfois par mimétisme des parents, parfois par ennui ou par faim. Ce TOC s’estompe en général en grandissant. Lorsque cela perdure, il est souvent synonyme de stress et d’anxiété. En effet, l’incapacité à se relaxer peut entraîner un comportement répétitif comme l’onychophagie, le fait de s’arracher les cils ou de triturer sa peau. C’est en quelque sorte un moyen de réguler ses émotions.

Selon certaines études, se ronger les ongles serait une réaction face à un afflux d’énergie que l’on ne parvient pas à utiliser de manière productive. Une réaction qui permet justement de canaliser cette énergie face à la frustration, l’ennui, l’impatience ou l’insatisfaction.

Une question de personnalité

Dans ce sens, les personnes se rongeant les ongles seraient très actives et enthousiastes. Déjà dans l’action, elles sont frustrées lorsque celle-ci n’a pas commencé: “ l’ordinateur n’a pas encore démarré ”, ou “ l’heure de partir n’a pas encore sonnée ”. Elles vont alors décharger leur énergie en créant des manies ou des TOC. Ceux-ci peuvent démarrer lors de l’enfance, notamment à l’école où rester sagement assis.e est très difficile. On invente alors n’importe quoi pour faire passer le temps comme se balancer sur sa chaise, lancer du papier ou se ronger les ongles. En grandissant, on parvient à se maîtriser mais l’énergie est toujours là. D’ailleurs, 45% des adolescents se rongent les ongles. 

Selon le Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, il existerait un lien entre les personnes perfectionnistes et le rognage d’ongles. Aimer que tout soit parfait, ordonné augmente le risque d’être déçu.e et donc le besoin d’être apaisé.e, en grignotant ses doigts par exemple. En général couplé à la peur de l’échec, les perfectionnistes se fixent des exigences démesurées, avec l’impossibilité de réaliser les tâches à un rythme normal et de canaliser leur énergie.

Un trop plein d’énergie qui peut ainsi devenir source de stress, avec à la clé des ongles rongés. Mais lequel prédomine ? Le découvrir est une bonne piste pour lutter contre ce TOC.

Comment s’en débarrasser ?

Car le but n’est pas de “soigner ” l’onychophagie mais bel et bien d’en trouver la cause. On ne souhaite pas remplacer cette manie par une autre. Changer les pensées et le mode de comportement qui nous incitent à nous ronger les ongles, voilà la vraie solution. Car une belle manucure, du vernis amer, occuper ses mains avec des balles anti-stress et sa bouche avec de la gum sont les solutions que l’on connaît tous. Mais qui s’avèrent peu efficaces sur le long terme.

La première étape est donc d’en prendre conscience. Ensuite de repérer les facteurs déclenchants. Enfin, il faut décider d’arrêter pour mettre en place des actions et des réactions face à la manie. Avoir un petit carnet à portée de main pour y noter ce qui vous traverse l’esprit lorsque vous voulez vous ronger les ongles va vous aider à comprendre vos mécanismes. Frustration, ennui, inscrivez ce que vous pourriez faire pour y remédier. Tentez de trouver une véritable activité qui vous occupe et vous apaise lorsqu’un ongle inégal vous fait de l’œil. Une thérapie cognitive avec l’aide d’un psychologue peut également vous aider à comprendre ce qui entraîne ce rognage d’ongles.

Difficile d’arrêter du jour au lendemain, alors félicitez-vous chaque jour passé sans vous ronger les ongles. Il faut d’ailleurs en moyenne vingt-et-un jours pour stopper une habitude. De plus, pour éviter la tentation et maintenir vos ongles en bonne santé, mieux vaut régulièrement les couper et les limer en arrondi. Un peu d’hydratation pour le plaisir et vous voilà paré.e pour vous lancer !

Photo ©Scaled

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