Ménopause : que se passe-t-il dans mon corps ?

ménopause

Redoutée ou attendue avec impatience, la ménopause s’installe progressivement. Certes naturelle, elle reste déconcertante pour de nombreuses femmes. Entre bouffées de chaleur et arrêt du cycle menstruel, quelles sont les transformations majeures de la ménopause ?

Un nouveau chapitre

La ménopause est un phénomène physiologique qui marque la fin de la fécondité féminine. Alors qu’elle avait commencé au moment de la puberté avec l’arrivée des règles, elle se termine lors de l’arrêt complet du cycle menstruel. Ce changement arrive généralement entre quarante-cinq et cinquante-cinq ans. Cependant, chaque femme est différente et peut vivre une ménopause précoce, autour de la quarantaine, ou tardive, autour de la soixantaine. De plus, celle-ci est souvent précédée par une phase de transition durant laquelle certains symptômes font leur apparition. Appelée périménopause, cette période dure entre deux à dix ans.

Mais pourquoi le cycle menstruel s’arrête ? Tout simplement parce que les femmes naissent avec un stock prédéfini de follicule ovarien, environ 400 000. En effet, ces follicules permettent non seulement l’ovulation mais également la production des oestrogènes. Ainsi, lorsqu’il n’y a plus de stock, les menstruations et les hormones féminines disparaissent. D’ailleurs les différents symptômes de la ménopause découlent de cette fluctuation hormonale.

Adieu cycle menstruel

Le premier signe de la ménopause est bien souvent l’irrégularité du cycle menstruel. Parce que le corps souffre d’une carence en progestérone, les règles sont soit plus lègères soit plus abondantes. Les femmes observent souvent une alternance de cycle courts et longs ainsi que des périodes d’aménorrhées. Par ailleurs, le syndrome pré-menstruel s’accentue avec la disparition progressive des hormones féminines.

Cette irrégularité du cycle retarde le diagnostic de la ménopause. Habituellement, celle-ci est actée après une ou deux années sans menstruations. De plus, si la contraception est encore nécessaire pendant cette période, elle peut masquer certains symptômes, surtout si elle est hormonale. Ce qui explique que certaines femmes tardent à consulter à ce sujet.

Chaleur intense

Bien connues, les bouffées de chaleur sont le second signe de la ménopause. Celles-ci se traduisent par des frissons et des vertiges suivis de sensations soudaines de chaleur. Elles durent en moyenne plusieurs secondes et peuvent s’accompagner de rougeurs sur le haut du corps et de palpitations. Toutes les femmes ne souffrent pas de bouffées de chaleur ou alors pas avec la même intensité.

En outre, ce phénomène provoque une transpiration plus importante et/ou plus odorante ainsi que des suées nocturnes. Il n’est pas rare pour une femme en périménopause de se réveiller en pleine nuit pour changer des draps trempés de sueur.

Zone intime

La ménopause impacte non seulement le système reproducteur mais aussi le système uro-génital féminin. En effet, la sécheresse vaginale s’invite souvent dans la vie sexuelle des femmes. Rien d’anormal puisque les glandes de Bartholin, qui sécrètent la cyprine, sont stimulées par les hormones féminines. De plus, la circulation sanguine joue un rôle non négligeable dans la lubrification. Plus les parois vaginales sont irriguées, plus elles facilitent la sécrétion des fluides. Or, la circulation sanguine ralentit avec l’âge.

Quelques femmes peuvent aussi être sujettes aux fuites urinaires. Ces désagréments s’explique par un relâchement du périnée, parfois accentué par les grossesses. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à refaire une rééducation périnéale ou des exercices de tonification du périnée.

Enfin, les infections urinaires sont plus fréquentes à l’arrivée de la ménopause. Notamment parce que la chute hormonale provoque un déséquilibre de la flore vaginale. Les bonnes bactéries, appelées lactobacilles, disparaissent au profit des mauvaises, telle que la E.coli. Accompagné d’un relâchement de l’urètre, ce déséquilibre favorise les cystites.

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D’autres changements corporels peuvent être observés durant la ménopause.

D’un côté, la chute hormonale facilite la prise de poids. Le métabolisme ralentit, la masse musculaire diminue et le corps est moins résistant à l’insuline. De l’autre, elle déclenche une perte de cheveux ou une pilosité excessive.

Par ailleurs, la carence ou l’absence d’oestrogènes rend les femmes plus sensibles aux douleurs articulaires. Celles-ci sont accentuées par une production moins importante de tissus osseux.

Enfin, la ménopause se traduit également par une fatigue générale. Ce qui n’a rien d’étonnant au vu de ces transformations physiologiques.

et la tête dans tout ça ?

Ainsi la fluctuation hormonale de la ménopause provoque des modifications importantes du corps mais pas seulement. Elle agit aussi sur le mental. Hormis les insomnies et les maux de tête, cette période est synonyme d’instabilité de l’humeur. Les femmes sont plus fréquemment irritables, distraites ou déprimées. Et cela est tout à fait compréhensible car la ménopause n’est pas toujours facile à vivre.

Si ces symptômes peuvent faire peur, ils ne sont pas pour autant définitifs. Une alimentation saine, une activité sportive régulière et certaines plantes et huiles essentielles soulagent les maux de la ménopause. De plus, rien ne vous empêche de vivre cette période de façon positive. Voyez-la comme une occasion de vous retrouver ou de vous réinventer. Toutes les femmes passent par cette étape alors ne soyez pas gênée d’en parler. Ne restez pas seule et profitez-en pour faire de nouvelles rencontres, à l’occasion de cercles de femmes par exemple. Finalement c’est un nouveau chapitre de votre vie qui commence.

Photo ©Artem Beliaikin

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