Mais pourquoi j’ai mal aux seins ?

mal aux seins

Parfois on l’aime, quelquefois elle nous gêne voire même nous fait souffrir. Non on ne parle pas d’une personne mais bien de notre poitrine. Entre crampes, élancements ou sensations de brûlures, elle nous mène la vie dure. Souvent liées au cycle menstruel, les douleurs mammaires sont sans danger. Mais si vous avez mal aux seins, il est important d’en connaître la raison.

Vie de seins

Avant de parler de douleur, autant commencer par le b.a.-ba : c’est quoi un sein ? Il s’agit d’une glande mammaire recouverte de tissus fibreux et graisseux et surplombée par une aréole entourant le mamelon. Chez les femmes, les seins sont conçus pour l’allaitement mais ils peuvent aussi être une zone érogène. Par ailleurs, il n’existe pas de normes en termes de forme, de taille ou de couleur de téton. Chaque poitrine est différente et aucune n’est anormale.

De plus, il est important de rappeler que les seins changent tout au long de la vie. Ils apparaissent à la puberté, se transforment pendant la grossesse et évoluent avec la ménopause. Avec l’âge, le vieillissement cutané et l’influence des hormones, les tissus sont moins denses et élastiques. Les seins s’affaissent et leur volume diminue ( une perte de poids peut également expliquer ce phénomène). Ainsi, un changement progressif accompagné de douleurs ne doit pas vous angoisser outre mesure.

Histoire de cycle

Tous les mois, c’est la même histoire. Les seins deviennent durs, tendus et douloureux avant de reprendre leur état initial. Malheureusement, vous ne pourrez pas changer le script car tout est lié aux fluctuations hormonales du cycle menstruel. En effet, en phase post-ovulatoire, le corps produit une grande quantité d’œstrogènes. Résultat, les canaux mammaires s’élargissent ce qui provoque une douleur. L’ovulation terminée, celle-ci s’estompe avant de reprendre avec l’arrivée des règles et le fameux SPM. Sauf qu’à ce stade, c’est la progestérone qui atteint un pic et qui est responsable de ces désagréments.

À savoir que les femmes ressentent les douleurs mammaires avec plus ou moins d’intensité. Notamment parce que la mastalgie ou la mastodynie est accentuée par des antécédents familiaux ou une affection particulière telle que le SOPK. Mais aussi par une consommation excessive d’alcool ou de café.

Grossesse en cours

Vous avez mal aux seins ? Ils sont lourds et tendus mais vos règles sont absentes ? Alors vous êtes peut-être enceinte. Véritable effusion d’hormones, la grossesse est souvent synonyme d’inflammation des glandes mammaires. La poitrine se prépare progressivement à l’allaitement et les tubercules de Montgomery, chargées de stimuler la production de lait, apparaissent autour du téton.

Bon à savoir : les douleurs mammaires varient au fil de la grossesse. Il n’est pas rare d’avoir mal aux seins qu’un jour sur deux ou à certains moments de la journée. De plus, à partir du sixième mois, un écoulement jaune orangé est tout à fait possible. Il s’agit simplement du colostrum, un substance qui se transforme en lait à l’accouchement.

D’autres options ?

Hors cycle menstruel et grossesse, les douleurs mammaires ont parfois d’autres causes plus ou moins graves. La plus simple étant des seins très volumineux car les tissus de soutien sont mis à rude épreuve par la gravité. Ensuite, il est possible de confondre un mal de seins avec une douleur intercostale. Effectivement, en lien avec l’irritation d’un nerf, cette dernière part de la colonne vertébrale et irradie dans la poitrine. De leur côté, les traitements contre l’infertilité, les contraceptifs hormonaux et certains médicaments contre la dépression peuvent provoquer une mastalgie.

De même, la présence de kystes mammaires peut aussi être source de douleurs. Liées aux changements hormonaux, ces cavités remplies de liquide forment une masse plus ou moins importante. Attention un kyste n’est pas synonyme de cancer car ils sont la plupart du temps bénins. Néanmoins, ils nécessitent une surveillance médicale particulière. Pour finir, les femmes allaitantes sont souvent sujettes à la mastiste, une infection du sein causée par la présence de bactéries sur la peau. Très douloureuse, celle-ci se soigne facilement.

La piste du cancer du sein

Qui dit douleurs mammaires dit aussi peur du cancer du sein. Inquiétude légitime lorsqu’on sait que cette maladie touche une femme sur huit en France. Cependant avoir mal aux seins ne signifie pas forcément qu’on en souffre. D’autres signes doivent vous alerter tels qu’une déformation soudaine des seins (surtout si elle est unilatérale), une rétraction du téton, des crevasses, une pigmentation étrange de la peau ou un écoulement mammaire (hors grossesse). Sans oublier la présence de ganglions ou de boules dans le sein ou au niveau de l’aisselle.

Si vous avez identifié un de ces symptômes ou que quelque chose vous paraît étrange, prenez rendez-vous avec votre médecin, sage-femme ou gynécologue. Ne paniquez pas seule dans votre salle de bains, un.e professionnel.le de santé saura vous conseiller et vous orienter vers les démarches à suivre. À noter qu’une masse peut être une tumeur bénigne ou un fibrome.

Entre observation et vigilance

Maintenant que la liste des possibilité est établie, comment savoir d’où vient ce mal de seins ? Déjà en connaissant son corps ! En apprenant à reconnaître les étapes de votre cycle menstruel, vous pourrez associer douleurs mammaires, ovulation et SPM. De plus, en vous observant régulièrement, vous serez à même d’identifier rapidement des changements suspects.

L’auto-palpation de la poitrine est également très importante car elle permet de détecter une anomalie. Cet examen facile et rapide doit se faire une fois par mois, toujours à la même période du cycle. Devant le miroir, levez le bras droit et avec trois doigts de la main gauche, effectuez des petits mouvements circulaires sur le sein droit. Répétez le même exercice de l’autre côté.

Pour finir, comme il vaut mieux prévenir que guérir, n’hésitez pas à demander une palpation plus poussée à votre sage-femme ou gynécologue de temps en temps. Par ailleurs, à partir de cinquante ans, voire plus jeune en cas d’antécédents familiaux, il est conseillé d’effectuer une mammographie de dépistage tous les deux ans.

Photo © Cottonbro

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