HPI, HPE, zèbres, quelles différences ?

HPI, HPE, zèbres

Parce que l’on dispose enfin de plus de connaissances sur le sujet, la précocité sort de l’ombre pour que chacun.e trouve sa place. Être différent.e ne doit plus être tabou, voici quelques signes pour le repérer et l’accepter.

Point de départ: le QI

Avant on ne parlait que de surdoués pour décrire les enfants précoces ou HPI, c’est-à-dire avec un Haut Potentiel Intellectuel. Mais dans la catégorie des personnes avec un haut potentiel, on parle également de HPE ou Haut Potentiel Émotionnel. Celui-ci est bien moins connu car le test de référence internationale est celui basé sur le quotient intellectuel, le fameux test de QI.

Différent entre les jeunes enfants, adolescents et adultes, il permet d’obtenir son QI mais également les scores de quatre indices, sortes de sous-catégorie du quotient intellectuel. Celles-ci englobent la compréhension verbale, le raisonnement perceptif, la mémoire de travail et la vitesse de traitement. On constate que c’est l’intelligence cognitive qui est mesurée. C’est-à-dire le langage, la logique, le calcul, donc principalement l’hémisphère gauche. Un QI supérieur à 130 signifie donc une surdouance intellectuelle, tandis qu’un QI inférieur à 70 est synonyme de handicap mental. La moyenne étant de 100. Ce test, fortement basé sur notre vision occidentale de l’intelligence, s’oriente vers des aptitudes souvent attendues dans une société privilégiée. Les résultats sont fortement liés à l’environnement culturel. Le test de QI n’est donc pas une valeur objective de l’intelligence mais plus un repère par rapport à la population. 

Intelligence émotionnelle et QE

Les personnes HPE disposent également d’une intelligence particulière, avec des aptitudes émotionnelles très développées bien plus que des aptitudes cognitives. Un bilan émotionnel et de personnalité permet d’avoir une cartographie plus précise permettant de détecter ou non un Haut Potentiel Émotionnel. Très lié et parfois confondant, l’hypersensibilité. On peut être HPE et hypersensible car les deux vivent avec intensité les émotions. Mais l’inverse n’est pas forcément vrai. On a tendance à sous-évaluer le QE, quotient émotionnel car moins connu et admiré que son frère le QI, référence de notre société.

Similitudes et divergences

Beaucoup de caractéristiques rassemblent les personnes HPI et HPE. Toutes deux ont le sentiment de décalage avec les autres, d’être différente et seulement une minorité peut s’en sentir valorisée. Les perceptions sensorielles sont augmentées (goût, odorat…). Ces personnes scannent rapidement leur environnement. Hypersensibles, elles subissent des variations d’humeur, de sentiments, et vivent avec intensité, surtout pour des causes qui les passionnent. Elles ont toutes deux une hyperactivité cérébrale souvent à l’origine d’anxiété, car aucun bouton off ! Très empathiques, elles ont une forte capacité à comprendre les émotions des autres et à analyser les leurs. Avec un sens de la justice plus élevé que chez la moyenne, elles font également preuve d’une plus grande résilience et sont capables de rebondir, de se reconstruire plus rapidement. Cherchant à faire de son mieux, une personne HPI sera plus perfectionniste tandis qu’une personne HPE cherchera le moyen de s’améliorer. Elles ont souvent l’urgence d’agir, avec le sentiment d’une mission à accomplir.

Certains points, par contre, différencient les personnes HPI des HPE, autres que l’intelligence cognitive. Ces dernières ont notamment des aptitudes de leadership car elles savent quoi dire et quoi faire pour motiver les autres. Un autre atout est la communication non-verbale, la faculté d’interpréter les messages et la conscience des messages qu’elles envoient. Une personne HPI est plus concentrée sur la communication verbale, celle mesurée lors du test de QI. Elle dispose également d’une meilleure mémoire à long terme. Par contre, la pensée intuitive est extrêmement développée chez les personnes HPE. Toutes deux ont une créativité et un imaginaire riche, une réflexion arborescente mais le raisonnement d’un.e HPI sera plus logique.

Et les zèbres ?

C’est la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin qui popularise le terme “zèbre” dont de nombreuses métaphores rapprochent les personnes surdouées de l’animal. Difficilement apprivoisable et d’ailleurs seul équidé à ne pas être domestiqué par l’homme, il se fond dans le décor tout en s’y distinguant par ses rayures. Chaque zèbre est unique, tout comme la nature profondément différente des surdoués: une façon différente d’agir, d’être et de penser. Pourtant les ”zèbres” cherchent à s’adapter aux autres au point de cacher qui ils.elles sont malgré une pensée radicalement indépendante. Cela va souvent de pair avec le syndrome de l’imposteur. Ils.elles doutent de leurs accomplissements car souvent d’une grande facilité pour eux. Finalement, les HPI et HPE sont deux fonctionnements neuro-atypiques dotés d’une intelligence exceptionnelle, quelle qu’elle soit.

Photo © Rafael Barros

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