L’éco-anxiété, une sensibilité grandissante

éco-anxiété

Résultat du changement climatique alarmant, l’éco-anxiété met enfin un mot sur un mal-être contemporain. Une angoisse qui ne cesse de croître, en particulier chez les jeunes, et qui transperce toutes les couches de la société.

Qu’est-ce l’éco-anxiété ?

Terme apparu à la fin des années 90, l’éco-anxiété est une préoccupation, une inquiétude, une angoisse. Voire même des épisodes dépressifs chez certain.e.s face au dérèglement climatique et toutes les conséquences engendrées. Pollution de masse, catastrophes naturelles, phénomènes météorologiques, déforestation, réchauffement climatique, de nombreuses situations qui développent un bouleversement intime au sein de la population. Sans être une pathologie, l’éco-anxiété est un état d’âme qui peut rendre malade et dont la souffrance, souvent morale, peut également devenir physiologique. Car lorsque l’on prend conscience des désordres du monde qui nous entourent, on peut ressentir de la colère, de la frustration, de l’impuissance ou l’impression d’avoir été floué.e.

Un sentiment renforcé par l’accès aux informations constantes qui nous font part de la réalité de l’état de la planète avec le peu d’actions mises en place. Désenchantement, désespoir face au décalage entre les mots, l’adhésion de principe et les actes de chacun, de la politique… Une angoisse qui ne vient pas forcément de la catastrophe en elle-même mais plus largement de la non réaction qu’elle trouve en face. Bref, un syndrome qui dévoile une réelle peur de l’avenir, des autres, tristement justifiée.

Une anxiété d’anticipation

On ne naît pas éco-anxieux, on le devient”, et les principaux touchés sont les jeunes de seize à vingt-cinq ans. Car les projets que l’on fait enfant ou plus jeune sont bien plus ancrés et concrets lorsque l’on ne voit pas l’horizon plus loin que 2050. Ainsi, beaucoup remettent en question leurs rêves pour vivre en adéquation avec leurs valeurs et se sentir acteur du changement. Nouvelle manière de consommer, de s’alimenter, quelles études choisir… il faut faire face à de nouveaux questionnements pour lesquels nous n’avions pas été préparé.e.s. De manière plus profonde, la détresse et le sentiment d’impuissance face à la situation actuelle amène certains à reconsidérer leur désir d’enfant. Quel environnement, quelle société laissons nous aux futures générations ? Pouvons-nous garantir le bonheur des enfants à venir quand l’avenir paraît incertain ?

Le retour de la biophilie

D’un autre côté, à moins de trente ans, ces personnes ont principalement vécu dans un environnement confiné, presque à 80%. Et paradoxalement, le désir de nature qui avait presque été oublié revient en force. La beauté du monde, l’amour du vivant, une empathie croissante et positive pour le naturel qui nous entoure, ne provoquant pas la nostalgie mais développant la solastalgie. Alice Desbiolles, médecin autrice de « L’éco-anxiété. Vivre sereinement dans un monde abîmé », décrit la solastalgie non pas comme le mal du pays que l’on quitte mais au contraire le pays qui vous quitte. Un manque de consolation face à la dégradation de l’environnement qui nous entoure, l’espace naturel qui réduit petit à peu autour de nous, sans que nous ayons bougé.

Comment lutter contre l’éco-anxiété ?

L’éco-anxiété passe souvent par un cheminement : impuissance, deuil, culpabilité, colère et se termine souvent par un engagement, un changement de son mode de vie. Parfois incompris ou perçu comme trop radical, il est pourtant une forme de réconciliation avec soi-même. Il ne doit pas condamner à la paralysie mais rester moteur d’engagements personnels et collectifs. Pour se libérer d’une éco-anxiété handicapante, il faut pouvoir faire preuve de lâcher-prise car personne ne peut porter toute la misère du monde sur ses épaules. Aux grands maux, les grands moyens et la consultation avec un.e psychologue peut aider à se décharger de cette souffrance, la comprendre et mieux vivre avec. Pratiquer la relaxation, méditer sont également des pratiques essentielles pour vous apaiser et relativiser. Enfin la proximité avec la nature apportera calme et bien-être, en vous aidant à vous focaliser sur les belles choses du monde végétal ou animal qui vous entoure.

Photo © Kindel Media

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