Culte de la minceur, il est temps de dire stop !

culte de la minceur

Depuis plusieurs décennies, le culte de la minceur est devenu omniprésent. D’un côté, les publicités et les magazines regorgent de corps filiformes. De l’autre, le poids est devenu un sujet de discussion récurrent en société. Malheureusement, cette obsession nous mène dangereusement vers la grossophobie et les troubles du comportement alimentaire…

Un idéal de beauté biaisé

En occident, la minceur est considérée non seulement comme un idéal de beauté mais aussi comme un norme à respecter. Ainsi, la mode, le cinéma, les magazines et les publicités mettent uniquement en avant des femmes sveltes. Bien que celles-ci ne soient pas du tout représentatives de la population féminine. En effet, plus d’un tiers des françaises portent une taille 40 ou 42. De plus, notre société actuelle associe la minceur à la réussite, au contrôle de soi et à l’élégance. Rien de bien étonnant puisque celle-ci n’hésite pas à faire prévaloir l’apparence physique sur tout le reste. D’ailleurs, cette tendance est exacerbée chez les femmes à qui on apprend dès l’enfance à être belle pour réussir dans la vie.

En outre, les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. La preuve avec l’explosion des programmes de fitness type ” Bikini ready “, les photos “avant-après ” ou encore les challenges corporels tels que le ” thigh gap “. Dans tous ces exemples, la minceur ou la perte de poids sont vraiment associées au succès ou à la reprise en main.

Le problème c’est qu’aujourd’hui le culte de la minceur s’invite dans la sphère privée et professionnelle. Avec la clé, bon nombres de remarques non sollicitées sur le poids. On félicite les personnes ayant maigri et on tape sur les doigts de celles qui ont grossi ( et ce, sans connaître leur état de santé !). De plus, cette obsession du poids est devenue si forte qu’elle est normalisée. Ce qui pousse les personnes à se justifier et à se comparer et les femmes enceintes à traquer le moindre kilo de grossesse “superflu “.

En route pour la grossophobie

Toutes ces remarques autour de poids empoisonnent le quotidien de nombreuses personnes. En effet, à coup de “elle serait si jolie avec quelques kilos en moins “, ” tu ne devrais pas te laisser-aller ” ou ” en même temps, si tu faisais plus de sport...”, on associe la rondeur à une défaite ou à une tare. La prise de poids devenant ainsi une honte voire même un délit.

Malheureusement, ces clichés conduisent souvent à la grossophobie. C’est-à-dire des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Loin d’être minoritaire, cette violence est quotidienne et systématique. À l’école, les gros.ses sont rejetés et/ou victimes de harcèlement scolaire. Dans les transports en commun, les sièges sont inadaptés. Sur le marché du travail, les personnes en surpoids sont moins recrutées car elles sont jugées comme fainéantes. Et pour finir, la plupart des enseignes de prêt-à-porter s’arrêtent à la taille 44.

De plus, la grossophobie entraîne généralement une dégradation de la santé des personnes dites grosses. Non pas parce que leur poids est synonyme de mauvaise santé mais parce que leur prise en charge médicale est déficiente. Beaucoup de médecins passent à côté de diagnostic car ils mettent les douleurs et les maladies sur le compte de l’obésité. Plutôt que de prescrire des examens poussés, ils demandent à leurs patient.e.s de perdre du poids. Sans compter que les femmes en surpoids sont régulièrement victimes de violences gynécologiques et obstétricales.

Si vous êtes victime de grossophobie, nous vous conseillons de vous rapprocher de l’association Gras Politique. Féministe et queer, elle lutte contre la discrimination systématique des personnes grosses.

Confusion entre IMC et bonne santé

Dans l’imaginaire collectif, la minceur est le signe d’une bonne santé tandis qu’à l’inverse la rondeur est synonyme de maladie. Or, l’apparence physique et/ou l’IMC sont loin d’être des indicateurs de santé efficaces. Tout d’abord, ils ne prennent pas en compte la composition corporelle des individus. Elles ne fournissent aucune information sur le poids des os, la masse graisseuse, musculaire et hydrique. Même chose pour les carences alimentaires.

De plus, en se focalisant sur l’obésité, on a tendance à oublier qu’une perte de poids est parfois le symptôme d’une affection. C’est le cas par exemple pour la dépression, la maladie de Crohn ou le diabète. Ainsi, une bonne santé se traduit avant tout par un sommeil de qualité, une bonne mine, de l’énergie ou encore un rapport sain à l’alimentation.

Alerte TCA !

Le culte de la minceur est non seulement excluant mais il est également dangereux. Il a des répercussions néfastes sur la santé psychologique et physique. Parce qu’à trop vouloir devenir ou rester mince, on perd le contrôle de son alimentation. En France, on estime que 10% de la population souffre de troubles du comportement alimentaire ! Par ailleurs, le sigle TCA regroupe différentes pathologies :

  • L’orthorexie se traduit par la volonté obsessionnelle de manger une nourriture saine. Afin de réduire sa consommation de matières grasses, de sucre ou de sel, la personne va mettre en place des rituels particuliers. Préparer ses repas longuement en avance, peser ses aliments ou refuser toute sorte d’écart. Faible estime de soi et charge mentale mises à part, l’orthorexie provoque un isolement social fort. La personne refusant les sorties au restaurant ou les repas de famille par peur de mal manger.
  • La boulimie se caractérise par une faim et une suralimentation excessive soudaine. La personne se met à manger en grande quantité sans pouvoir s’arrêter. Puis, la culpabilité et la peur de grossir la pousse à se faire vomir. Très dangereuse pour la santé, la boulimie entraine des problèmes rénaux, cardiaques, gastro-intestinaux ou dentaires.
  • L’anorexie mentale se définit comme la diminution ou la disparition de l’alimentation par refus de nourriture. La personne a une vision déformée de son corps et désire maigrir par tous les moyens. Cette dénutrition volontaire a de lourdes conséquences sur l’organisme telles que l’absence de règles, la chute de tension, la perte des cheveux ou encore l’ostéoporose précoce.

Si vous vous reconnaissez dans ces pathologies, n’ayez pas peur de prendre rendez-vous avec votre médecin traitant, un.e psychologue ou un.e diététicienne. Par ailleurs, si quelqu’un dans votre entourage souffre de TCA, ne la jugez pas et prêtez-lui une oreille attentive.

Photo © Roberto Hund

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