Bore-out : quand l’ennui au travail mène à la dépression

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Contrairement aux idées reçues, s’ennuyer au boulot est loin d’être anodin. Toute comme la surcharge de travail, le manque de stimulation professionnelle peut conduire à la dépression. Alors quels sont les symptômes du bore-out et comment s’en sortir ?

Malade d’ennui

À première vue, le bore-out est similaire au burn-out. Il s’agit en effet d’un syndrome d’épuisement lié à un profond mal-être au travail. Cependant, dans ce cas précis, ce n’est pas la surcharge d’activité qui le provoque mais plutôt l’ennui. Rien de tel que des tâches ennuyeuses et répétitives, un manque de perspective professionnelle et de reconnaissance pour mener à une réelle insatisfaction au travail. Les victimes du bore-out sont d’abord démotivées, puis désinvesties et sont, pour finir, en souffrance mentale et physique.

Véritable trouble psychologique, le bore-out ne doit pas être confondu avec de la paresse. Bien au contraire, c’est parce que les personnes détestent ne rien avoir à faire qu’elles sont en détresse. Elles manquent de stimulation intellectuelle et ont le sentiment d’être inutiles. D’ailleurs, ce sont les salarié.e.s surqualifié.e.es ou “mis.e au placard” qui souffrent le plus souvent de ce syndrome d’épuisement.

Honteuse dépression

Le bore-out est difficilement identifiable car il s’installe progressivement. Néanmoins certains symptômes psychologiques et physiques mettent la puce à l’oreille.

Si une baisse de motivation est fréquente au travail, elle devient inquiétante si elle perdure dans le temps. En effet, l’absence de challenges ou d’objectifs conduit souvent à une dévalorisation de soi. Parce qu’on a l’impression de ne rien accomplir, on ne veut plus rien entreprendre et on se sent incompétent.e. Par la suite, cette mauvaise estime de soi entraîne anxiété et culpabilité. Les victimes de bore-out se sentent responsables de leur inactivité et honteuses de leur mal-être.

En outre, cette détresse psychologique va se traduire au fur et à mesure par une souffrance physique. L’insomnie, l’eczéma ou les douleurs musculaires sont des symptômes récurrents du bore-out. Chez les femmes, ce syndrome est parfois synonyme de cycles menstruels irréguliers voire même d’aménorrhées.

Ainsi, les victimes de bore-out sont épuisées mentalement et physiquement. Elles vont non seulement se désengager de leur vie professionnelle mais aussi personnelle. Elles ne sont plus capables de ressentir la moindre émotion et sont indifférentes au reste du monde.

Retrouver l’envie

Comme toute maladie professionnelle, le bore-out ne doit pas être pris à la légère. Il ne faut pas hésiter à tirer la sonnette d’alarme lorsque les premiers signes se font ressentir. De plus, certaines solutions peuvent être mises en place pour s’en sortir.

Dans un premier temps, parlez-en à votre entourage proche, collègues ou ami.e.s. La communication est le meilleur moyen de mettre des mots sur son mal-être et d’en prendre conscience. De plus, n’hésitez pas à en discuter avec un manager ou un responsable. Ensemble, vous pourrez peut-être remédier à cette situation compliquée.

Dans un second temps, essayez de trouver une activité personnelle qui vous passionne et vous donne l’envie de vous impliquer. Faîtes du sport, apprenez à dessiner ou lancez-vous dans la création d’un blog. Ce qui compte c’est que vous soyez stimulé.e au quotidien.

Si ce n’est pas suffisant, n’ayez pas peur de consulter la médecine du travail et de demander un arrêt maladie. De cette manière, vous pourrez vous reposer et prendre du recul. Profitez de ce temps au calme pour méditer et faire le point sur vos compétences et vos envies.

Enfin, la dernière solution qui s’offre à vous, c’est le changement. Si votre poste de travail n’évolue pas ou s’il ne vous correspond plus, vous devez partir. Attention, il ne s’agit pas d’une fuite mais bien d’une transition réfléchie. Vous devez vous poser les bonnes questions avant de postuler pour un autre travail. Sinon vous risquez de souffrir à nouveau de bore-out.

Photo ©Andrea Piacquadio

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